La Chine a étendu son arsenal nucléaire, passant de 350 à 410 têtes nucléaires, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. Au niveau mondial, plusieurs pays dont L’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ont également augmenté leurs stocks.

Les arsenaux nucléaires de plusieurs pays, et de la Chine en particulier, ont augmenté l’an dernier, tandis que d’autres puissances nucléaires ont, elles, continué à moderniser leurs outils, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, ont alerté des chercheurs lundi.

" Nous approchons, ou peut-être avons-nous déjà atteint, la fin d’une longue période de déclin du nombre d’armes nucléaires à travers le monde ", a déploré auprès de l’AFP Dan Smith, Directeur de l’Institut international de recherche sur la paix à Stockholm (SIPRI, Stockholm International peace research institute).

Le nombre total de têtes nucléaires parmi les neuf puissances nucléaires — Grande-Bretagne, Chine, France, Inde, Israël, Corée du Nord, Pakistan, États-Unis et Russie — est tombé à 12 512 début 2023, contre 12 710 début 2022, selon le SIPRI.

Cependant, 9 576 se trouvent dans " des stocks militaires pour une utilisation potentielle ", soit 86 de plus qu’un an auparavant.

Le SIPRI distingue les stocks disponibles pour leur utilisation, de leur inventaire total qui inclut du matériel trop ancien devant être démantelé.

" La réserve est constituée de têtes nucléaires utilisables, et ces chiffres commencent à augmenter ", a déclaré Dan Smith, tout en relevant que les nombres restent encore loin des plus de 70 000 observés dans les années 1980.

La majeure partie de l’augmentation vient de la Chine, qui a fait passer son stock de 350 à 410 têtes nucléaires. Elle a investi massivement dans son armée à mesure que son économie et son influence se sont développées, selon Smith.

L’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ont également augmenté leurs stocks, ainsi que la Russie, dans une moindre mesure (4 477 à 4 489), tandis que les autres puissances nucléaires ont maintenu leurs volumes.

Pour Dan Smith, cette augmentation des stocks ne peut être expliquée par la guerre en Ukraine, compte tenu du temps long nécessaire pour développer des têtes nucléaires et des pays qui ont fait ce choix et ne sont pas directement touchés par le conflit.

Marie de La Roche Saint-André, avec AFP