Les forces américaines et celles de la coalition internationale antijihadistes déployées en Irak et en Syrie font l’objet d’attaques de drones et de missiles répétées depuis près d’une semaine. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, une base américaine au Nord-Est de la Syrie a été touchée mercredi par cinq roquettes et les troupes auraient commencé un redéploiement.

Les groupes qui se disent à l’origine de ces attaques ne revendiquent pas officiellement d’affiliation à l’Iran, mais Washington affirme que Téhéran est impliqué par procuration et menace de riposter "de manière décisive".

L’augmentation récente du nombre d’attaques est liée à l’éruption de la guerre entre Israël et le Hamas, depuis le 7 octobre. En représailles, Israël a déclaré une guerre pour "anéantir" le Hamas, mouvement soutenu par la République islamique, pilonnant sans relâche la bande de Gaza. Des factions armées proches de l’Iran ont menacé d’attaquer des intérêts américains en raison du soutien des États-Unis à Israël. L’une de ces factions, Kataëb Hezbollah, a exigé que les forces américaines quittent l’Irak sous peine de "goûter aux feux de l’enfer".

Entre le 17 et le 24 octobre, le Pentagone a recensé dix attaques contre les forces américaines et alliées en Irak et trois en Syrie, mêlant des drones d’attaque et des missiles. Beaucoup – si ce n’est l’ensemble – des attaques récentes ont été revendiquées par le groupe "Résistance islamique en Irak".

Cette faction ne fait pas partie des groupes militants formellement établis dans la région et n’a pas revendiqué publiquement d’affiliation ou de soutien de la part d’un État en particulier. Mais ses revendications d’attaques contre les forces américaines sont apparues sur des chaînes Telegram affiliées à des factions chiites fidèles à l’Iran et le Pentagone a affirmé que les organisations "menant ces attaques sont soutenues par les Gardiens de la révolution", l’armée idéologique du régime iranien.

De son côté la Maison Blanche affirme que l’Iran "facilite activement" ces attaques. Michael Knights, chercheur au cercle de réflexion Washington Institute, affirme que "Résistance islamique en Irak est un nom destiné aux revendications médiatiques". "Ce n’est pas un groupe", dit-il, mais l’amalgame de différents groupes en Irak soutenus par l’Iran, décidant "pour la durée du conflit à Gaza de revendiquer conjointement toutes leurs attaques".

L’impact de ces attaques a été relativement limité jusque-là, mais un fort potentiel d’escalade existe. Le Pentagone a indiqué mercredi que 21 membres des forces américaines avaient "subi des blessures légères dues aux attaques de drone", en Irak et en Syrie la semaine dernière, mais qu’ils étaient déjà tous de retour à leur poste.

La situation pourrait grandement empirer, particulièrement si des soldats américains venaient à être directement tués par une frappe. Selon le Pentagone, la perspective existe "d’une escalade plus grande contre les forces américaines dans la région, à très court terme, venant de forces agissant par procuration pour l’Iran et au bout du compte venant de l’Iran".

Environ 2.500 soldats américains sont déployés en Irak, et quelque 900 autres en Syrie dans le cadre de la campagne visant à empêcher toute résurgence de l’EI. Le groupe jihadiste contrôlait auparavant des portions considérables de territoire dans les deux pays avant d’être repoussé par les armées locales au sol, appuyées par des frappes aériennes de la coalition internationale. Les forces américaines et de cette coalition sont déployées dans des bases contrôlées par des forces locales. Les soldats américains en Irak exercent une mission de formation et de conseil depuis la fin de leur mission de combat en décembre 2021, tandis que ceux en Syrie mènent régulièrement des raids contre l’EI.

Maria Chami, avec AFP