Israël devient une nouvelle terre d’asile, non seulement pour les dizaines de milliers d’Ukrainiens qui fuient la guerre, mais également des opposants russes au régime de Vladimir Poutine. Pour la plupart intellectuels, ils sont accompagnés également par celles et ceux de confession juive qui voient dans l’État hébreu un refuge naturel.

" Agents de l’étranger "

Les cinéastes russes Anna Chichova-Bogolioubova et Dmitri Bogolioubov s’attendaient à être fichés à tout moment comme " agents " de l’étranger pour leur opposition au président Vladimir Poutine lorsqu’ils ont quitté précipitamment Moscou pour se réfugier en Israël au début de la guerre en Ukraine.

" On était les prochains sur la liste ", confie le couple, rencontré dans l’appartement prêté par un ami à Rehovot, ville paisible à une vingtaine de kilomètres au sud de Tel-Aviv.

La " liste ", un euphémisme qui se traduit par se résigner " à l’auto-censure ou à la prison à plus ou moins brève échéance ", note Dmitri, 42 ans et auteur de " Town of Glory ", un documentaire sur l’usage par Vladimir Poutine des références liées à la lutte contre l’Allemagne nazie pour asseoir son autorité dans les villages russes.

Entre loi du Retour et opposants

Depuis le début, le 24 février, de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, près de 24.000 Ukrainiens ont fui en Israël, selon le ministère de l’Immigration, plusieurs bénéficiant de la " loi du Retour ", qui offre aux juifs, enfants ou petits-enfants de juifs, le droit d’obtenir la citoyenneté israélienne. Un responsable israélien traitant des questions d’immigration chiffre à environ 10.000 le nombre de Russes entrés en Israël depuis la guerre en Ukraine. " Ce sont en majorité des gens diplômés, urbains, appartenant à la classe moyenne ", souligne ce responsable.

Olga Romanova, une linguiste âgée de 69 ans et originaire de Moscou, avait demandé son passeport israélien après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014.  Et au petit matin du 24 février, quand les chars Russes sont entrés en Ukraine, " c’était devenu une évidence que je devais partir le plus vite possible ", confie-t-elle à l’AFP. " La guerre en Ukraine est incompatible avec ma manière de penser et mes valeurs morales. Ca me rend malade ", soupire-t-elle, les yeux embués par l’émotion.

Cette vague d’immigration, ukrainienne et russe, est la plus importante en Israël depuis le début des années 1990, période où des centaines de milliers de juifs avaient quitté l’ex-URSS pour refaire leur vie sur les rives de la

Car même s’ils ont la nationalité israélienne, l’État hébreu est encore largement une terra incognita pour les nouveaux arrivants et la nostalgie de la Russie n’est déjà là pas très loin. " J’ai perdu mon pays. On me l’a volé. Il a été pris par Poutine et les voyous du KGB ", se désole Olga.

Avec AFP

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