Le Mouvement écologique a stigmatisé dans un communiqué une hécatombe dans les forêts du Kesrouan où " un monstre humain abat des arbres dans le périmètre du village de Chahtoul, afin d’en vendre le bois ".
" Qui le couvre ? " s’est interrogé le Mouvement écologique qui a interpellé le ministère de l’Agriculture et le Parquet du Mont-Liban, afin qu’ils prennent les mesures qui s’imposent " pour ce crime intolérable ". Il y a quelques mois, des milliers d’arbres étaient abattus à Ghodress, également dans le Kesrouan.
A l’approche de l’hiver et avec l’aggravation de la crise socio-économique et la flambée des prix des carburants, un phénomène d’abattage d’arbres à grande échelle dans pratiquement toutes les régions rurales a été constaté sans que les autorités n’interviennent sérieusement pour identifier et sanctionner les coupables.
Ce phénomène auquel s’ajoutent les incendies saisonniers des dernières semaines -qui ont ravagé de grandes surfaces boisées- exposent le Liban au risque d’une déforestation irréversible. Le plus navrant reste l’absence de toute politique rationnelle de prévention et de gestion de ces catastrophes. A titre d’exemple, le Liban souffre d’un manque cruel de gardes forestiers, dont le rôle est pourtant capital au niveau de l’alerte précoce en cas d’incendies de forêts et de la protection des espaces verts.
Une loi votée il y a près de deux ans par le Parlement pour la désignation d’un groupe de gardes forestiers n’avait pas été signée par le président Michel Aoun pour le motif aberrant d’un déséquilibre communautaire au niveau des candidats. Un geste tout aussi incompréhensible que l’inaction du gouvernement qui n’a pas fait l’effort par la suite pour régler ce dossier et augmenter le nombre de ces sentinelles des forêts.