La crise économique et financière pèse lourd sur le secteur hospitalier. De nombreux établissements ont en fait fermé leurs unités de Covid-19. Résultat: ces services arrivent à saturation.

Le président de la commission parlementaire de la Santé, Assem Araji, a mis en garde ce matin contre une quasi-saturation des unités de Covid-19 dans les hôpitaux, alors que les chiffres des contaminations continuent d’augmenter. Selon lui, le taux d’occupation des unités de soins intensifs dédiés au Covid-19 a atteint les 80%. Ici Beyrouth fait le tour de la situation avec le Dr Georges Ghanem, directeur médical du Centre médical de l’hôpital de l’Université libano-américaine-Hôpital Rizk.

Comment expliquer ce fort taux d’occupation des lits d’hôpitaux, alors que les cas de contamination signalés au quotidien sont nettement inférieurs à ceux observés au début de l’année, avec plus de 6 000 par jour?
La quasi-saturation des unités de Covid-19 est due à la suppression d’un grand nombre de lits dans les établissements hospitaliers en raison de la situation financière qui oblige les hôpitaux à réduire leurs budgets et du départ d’une partie du personnel sanitaire. Des étages entiers ont été fermés faute de moyens et d’effectifs car un grand nombre d’infirmières et de médecins ont quitté le pays.
Les petits hôpitaux ne veulent plus prendre en charge les cas de Covid-19, puisque les soins coûtent trop cher. Même les hôpitaux gouvernementaux qui avaient pu se mettre à jour grâce à des partenariats avec le secteur privé, ont limité le nombre de lits. À cela, il faut ajouter le manque de médicaments sur le marché.
La situation n’est certes pas aussi catastrophique qu’en début d’année, en termes de nombre et de gravité, mais les contaminations sont en train d’augmenter rapidement et de manière atypique. Si le virus est moins virulent, la contagiosité reste plus rapide.

Faut-il s’attendre après les fêtes à un scénario identique à celui de janvier 2021 ?
Vu la situation économique, il est difficile d’imposer des mesures trop strictes dans les endroits publics. De toute façon, l’application de ces mesures sera problématique notamment dans les régions périphériques, puisque l’État n’est pas effectif sur ce plan.
Compte tenu des problèmes auxquels les hôpitaux sont confrontés, au niveau du personnel de santé et de la pénurie des médicaments, le pire est à craindre. Néanmoins, quelques éléments laissent espérer que ce virus ne sera plus aussi virulent, si l’on tient compte du fait que les courbes indiquent qu’il va disparaitre prochainement.

En attendant, quelles sont les mesures à prendre pour éviter un scénario catastrophe?
Les Libanais vivent sans gouvernement. Cela ne va pas s’améliorer de sitôt. Il appartient à la population de se prendre en charge. Comme toujours au Liban, tout se fait en parallèle.
Les hôpitaux universitaires sont les plus à même de faire face à une nouvelle vague, car ils sont les seuls qui ont encore des moyens. C’est la raison pour laquelle les aides médicales faites par les instances internationales doivent se diriger en priorité vers ces établissements. Il faut se concentrer là où il est utile de le faire et où les infrastructures existent encore.
Enfin, le ministère de la Santé a accéléré la cadence de la vaccination. Il faut continuer dans ce sens en raison des répercussions à moyen terme de ces campagnes.

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