Le Français Stéphane Peterhansel, multiple vainqueur en moto puis en auto, a perdu toute chance de victoire finale dimanche dans la première étape du Dakar 2022 à Ha’il, obligé d’attendre son assistance après avoir arraché la roue arrière gauche de son buggy hybride Audi.

La marque aux anneaux a subi une journée noire. Si Audi avait avoué avant le départ ne pas être prêt à jouer les premiers rôles, Peterhansel, toujours à l’arrêt six heures après sa panne, Mattias Ekstrom, arrivé avec 1 h 30 min de retard sur le premier, et surtout Carlos Sainz, deuxième du prologue mais à 2 h 07 sur cette première étape, la maudiront sans doute longtemps.

A quelques centaines de kilomètres de là, le Qatarien Nasser al-Attiyah (Toyota) en auto et l’Australien Daniel Sanders (KTM) en moto se sont de nouveau imposés après avoir maîtrisé le prologue de la veille.

Le Français Sébastien Loeb (Prodrive) peut se satisfaire d’une deuxième place inespérée après deux crevaisons en début de spéciale.

Il a rendu hommage à l’équipage qui règne sur ce début d’épreuve tout en étant prudent pour la suite: " Nasser (al-Attiyah, ndlr) et Mathieu (Baumel) sont forts (…) on voit qu’ils se permettent de quitter la piste, de revenir, c’était beau à voir. Cette deuxième étape n’était pas annoncée comme étant la plus difficile, il va vraiment falloir être concentré. "

En moto, Sanders a devancé de 2 min 07 le Chilien Pablo Quintanilla (Honda) et de plus de huit minutes le champion du monde autrichien Matthias Walkner (KTM), suivi par le jeune Américain Mason Klein, un débutant de 20 ans, lui aussi sur KTM.

La boucle de 333 km dessinée dans le nord de l’Arabie Saoudite a été le théâtre de grosses difficultés de navigation pour de nombreux concurrents sur tous les véhicules, occasionnant des écarts déjà importants.

Parti en premiers sur la piste, un grand nombre de motards a montré la (mauvaise) voie durant cette journée de galère de navigation, parmi lesquels des grands noms: Toby Price (KTM), vainqueur en 2016 et 2019, Ricky Brabec (Honda/2020) et surtout Kevin Benavides, tenant du titre qui accuse à aujourd’hui 36 min 22 de retard sur le leader du classement, Daniel Sanders.

Les fortes pluies de la nuit de samedi à dimanche avaient transformé quelques dunes sur le parcours du jour, et les inondations qui ont suivi vont entraver les liaisons des étapes 2 et 3 prévues lundi et mardi, désormais rallongées. Sans conséquences sur les spéciales marathon, chères au cœur des nostalgiques, mais l’annulation de leur bivouac ampute à l’esprit d’aventure de la course, devenue très encadrée.