Repêché pour l’Euro féminin de football (6-31 juillet) après l’exclusion de la Russie, le Portugal débarque en novice mais nourrit des ambitions, espérant profiter de son investissement dans la discipline au cours des dernières années.

Dans ses rêves les plus fous, la Seleçao peut s’imaginer un destin digne de celui du Danemark chez les hommes en 1992: repêchés des qualifications après l’exclusion de la Yougoslavie en raison de la guerre dans les Balkans, les Danois avaient remporté l’Euro contre toute attente.

Trente ans plus tard, la sélection féminine portugaise a elle aussi été conviée au dernier moment pour l’Euro féminin qui débute mercredi en Angleterre: battues par les Russes en barrage l’an passé, les Lusitaniennes ont finalement récupéré leur place après l’exclusion de la Russie décidée par l’UEFA après l’invasion de l’Ukraine.  Classé 30e au dernier classement Fifa, le Portugal ne prendra part en Angleterre qu’au second tournoi majeur de son histoire après l’Euro en 2017.

" Equipe plus mature "

" Je remarque un grand changement par rapport à notre sélection de 2017. Nous sommes une équipe plus mature et plus cohérente. Et sur ces grandes compétitions, cela fait toute la différence ", a toutefois noté lors du stage de préparation au cours du mois de juin la milieu Tatiano Pinto, citée dans le journal Record.

La Seleçao a atterri dans la très relevée poule C de la compétition, en compagnie des Pays-Bas, tenant du titre, de la Suède, qui occupe le deuxième rang mondial, et de la Suisse.

Mais malgré la difficulté de la tâche qui les attend pour accéder au second tour, les Lusitaniennes ne comptent pas faire de la figuration sur les pelouses anglaises.

" Nous sommes intégrées dans un groupe très fort (…) mais le Portugal doit être préparé, parce que nous n’allons pas là-bas pour blaguer ", a prévenu la gardienne Patricia Morais dans les colonnes du journal A Bola.

" Nous nous battrons pour rester à l’Euro le plus longtemps possible (…) Nous avons prouvé que lorsque nous sommes collectivement forts, nous progressons beaucoup et nous parvenons à lutter contre les grandes équipes ", a aussi promis le sélectionneur Francisco Neto, en place depuis 2014, dans un entretien à Record.

" Reconnaissance du travail "

Le football féminin a connu un fort essor au Portugal au cours de la dernière décennie. Fin mars, près de 7.800 joueuses détenaient une licence selon les données de la fédération portugaise de football (FPF), un bond de 72% par rapport à la saison 2011/2012.

La FPF a appelé les clubs à former des équipes professionnelles en 2016 et créé plusieurs compétitions afin d’améliorer la qualité de cette pratique.

Depuis, tous les grands clubs portugais, à l’exception du FC Porto, possèdent une équipe féminine: le Sporting Portugal, le Benfica Lisbonne et le Sporting Braga.

" Nous avons grandi (…) Nous ne sommes pas encore au niveau de la France (3e nation mondiale, NDLR) mais c’est dans cette direction que nous voulons aller ", a affirmé Francisco Neto lors du stage de préparation.

" Cette présence à l’Euro sera la reconnaissance du travail qui est effectué dans les clubs, les sélections et les associations. Le football féminin évolue d’une manière géniale dans notre pays ", s’est réjouie la milieu Vanessa Marques dans A Bola.

Mais pour le Portugal, qui s’était arrêté au premier tour en 2017, se qualifier pour les quarts de finale constituerait déjà un exploit. Avant de rêver, peut-être d’imiter les Danois de 1992…