
La Fashion Week de Milan a débuté ce mardi 25 février, dans un contexte difficile pour l'industrie du luxe, en proie à une crise marquée par la chute des ventes. Les maisons de couture, comme Gucci, cherchent à se réinventer et à redynamiser un marché en déclin avec leurs collections automne/hiver 2025-2026.
Le 25 février, Milan a accueilli l'édition 2025-2026 de la Fashion Week dans un contexte particulièrement tendu pour l’industrie du luxe, en crise face à un marché mondial en repli. L’événement a pris son envol avec un défilé très attendu de Gucci, qui symbolise à la fois les difficultés du secteur et les efforts pour rebondir.
Le groupe français Kering, propriétaire de la maison florentine, a récemment annoncé une chute brutale de 23% des ventes de Gucci, une situation qui a lourdement impacté les bénéfices pour 2024. Cette mauvaise performance s’ajoute à des années de difficultés pour la marque, désormais confrontée à la nécessité de redéfinir son identité dans un marché du luxe en pleine mutation. Pour couronner le tout, l’annonce du départ de son directeur artistique, Sabato de Sarno, survenu seulement 20 jours avant le défilé, a créé une onde de choc. Ce dernier, arrivé il y a à peine deux ans, avait vu sa direction critiquée par certains, avant de quitter son poste, précipitant la marque dans une période d'incertitude.
Minimalisme et maximalisme
Face à cette crise, c’est le studio de création de Gucci qui a pris le relais pour concevoir la collection automne-hiver 2025-2026, présentée sous le nom de Continuum. Un défi de taille pour les équipes: honorer l’héritage de la maison tout en amorçant une transition sans trop s’éloigner de l’univers de de Sarno, mais sans le cloner. Ce défilé a donc mis en avant des silhouettes évoquant différents moments de l’histoire de la mode, des années 60 aux années 90, oscillant entre minimalisme et maximalisme, et ce, avec des expérimentations osées sur les tissus et des jeux de couleurs allant du vert au mauve, en passant par le gris et le brun. À la fin du show, le studio a été chaleureusement applaudi par le public, preuve d’une bienveillance palpable envers ceux qui ont travaillé à maintenir la maison sur les rails en attendant l’arrivée d’un nouveau directeur artistique, dont la nomination est imminente.
Tempête et pragmatisme
Dans les coulisses, Francesca Bellettini, directrice générale adjointe de Kering, a souligné que Gucci ne se résume pas à une personne, mais à une histoire et à l’engagement collectif de ses équipes. Cette vision, partagée par François-Henri Pinault, patron de Kering, et Stefano Cantino, nouveau directeur général de Gucci, montre la volonté de surmonter cette crise en misant sur la cohésion interne.
Le climat économique global pèse lourdement sur l’industrie du luxe, et Carlo Capasa, président de la Chambre nationale de la mode italienne, a exprimé la nécessité d'une réponse collective et systémique face à ces défis. Selon lui, la créativité, le pragmatisme et la flexibilité, valeurs intrinsèques du Made in Italy, sont essentielles pour surmonter cette tempête. Il a également insisté sur la nécessité d’une politique de soutien gouvernemental pour garantir la pérennité du secteur, soulignant que l'innovation et le renforcement des chaînes d'approvisionnement seront cruciaux pour l'avenir.
Incertitudes macroéconomiques
Une étude de Bain & Company en janvier révélait qu'à l’échelle mondiale, un tiers seulement des marques de luxe ont enregistré une croissance en 2024, avec une légère baisse des achats de produits de luxe en raison des incertitudes macroéconomiques et de la hausse des prix. La mode italienne, englobant également les secteurs des lunettes, des bijoux et de la beauté, a accusé une baisse de 5,3% de son chiffre d'affaires, se chiffrant à moins de 96 milliards d'euros en 2024.
Malgré ce climat morose, Milan reste fidèle à sa réputation, avec près de 153 événements prévus durant cette Fashion Week, dont 53 défilés. Parmi les moments forts, on attend le centenaire de Fendi, qui présentera un défilé mixte sous la direction de Silvia Venturini Fendi, ainsi que les célébrations des 30 ans de DSquared et des 60 ans de Kway. Des marques phares comme Prada, Giorgio Armani, Versace, Max Mara, Ferragamo et Dolce & Gabbana seront également au rendez-vous. Toutefois, Bottega Veneta a opté pour un report, présentant sa première collection sous la direction de Louise Trotter lors de la Fashion Week de septembre.
Avec AFP
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