Les moments les plus marquants des César en 50 ans
L'actrice franco-allemande Romy Schneider, encadrée par les acteurs français Serge Reggiani (g) et Michel Piccoli, pose après avoir reçu le César de la meilleure actrice pour le film "L'important c'est d'aimer" réalisé par Andrzej Żuławski, lors de la 1ʳᵉ Nuit des César, à Paris, le 3 avril 1976. ©AFP

Depuis un demi-siècle, la cérémonie des César a offert des instants de gloire, de scandale et d’émotion. Retour sur cinq moments qui ont marqué l’histoire de cette grand-messe du cinéma français.

La 50ᵉ cérémonie des César se prépare à enflammer l’Olympia à Paris, avec Catherine Deneuve en présidente et une compétition serrée entre Pierre Niney et François Civil pour le prix du meilleur acteur. Cette année, les films populaires Le Comte de Monte-Cristo et L’Amour ouf rivalisent avec Emilia Perez de Jacques Audiard, dans l’espoir de succéder à Anatomie d’une chute, grand vainqueur de l’édition précédente.

Jean-Pascal Zadi aura la lourde tâche d’animer cette soirée retransmise en direct sur Canal+, tandis que Julia Roberts et Costa-Gavras recevront un César d’honneur. Si les attentes sont grandes, l’événement n’est pas exempt d’enjeux politiques et de polémiques, notamment autour des réformes de l’Académie et des débats sur la diversité et la liberté d’expression dans le cinéma français.

Mais au fil des ans, la cérémonie a surtout été le théâtre de moments forts qui ont marqué les esprits. Retour sur cinq instants mémorables.

1991 – La bourde de Vanessa Paradis

Un moment devenu culte: Vanessa Paradis, encore jeune lauréate du César du meilleur espoir féminin l’année précédente, se trompe en annonçant le prix suivant. En lisant maladroitement "Le César est attribué à Judith Godrèche. […] Ah je suis désolée", elle déclenche un silence gêné dans la salle. Finalement, c’est Judith Henry qui reçoit le prix pour La Discrète. Un lapsus qui hantera longtemps l’artiste, mais dont elle saura rire des années plus tard.

1996 – Larmes et renaissance d’Annie Girardot

Après des années d’absence et une traversée du désert, Annie Girardot remporte le César du meilleur second rôle féminin pour Les Misérables de Claude Lelouch. En larmes, elle prononce un discours bouleversant: "Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma français, mais à moi, le cinéma français a manqué follement, éperdument, douloureusement". Un moment d’émotion pure qui restera gravé dans l’histoire des César.

2004 – L’intervention lunaire de Gérard Depardieu

Lors de la victoire de Julie Depardieu au César du meilleur espoir féminin, son père, Gérard Depardieu, monte sur scène à l’improviste. Loin des félicitations classiques, il livre un discours décousu, laissant sa fille visiblement embarrassée. "Voilà mon fardeau", lâche-t-elle en riant nerveusement.

2020 – Le départ fracassant d’Adèle Haenel

Cette année-là, la cérémonie est marquée par la consécration controversée de Roman Polanski comme meilleur réalisateur pour J’accuse. Indignée, Adèle Haenel quitte bruyamment la salle en criant "Vive la pédophilie!", dénonçant ainsi la duplicité de l’industrie cinématographique face aux accusations d’agressions sexuelles.

2021 – Corinne Masiero fait sensation

Dans un contexte de crise post-COVID où les artistes dénoncent les coupes budgétaires dans la culture, Corinne Masiero marque les esprits en montant sur scène vêtue d’un costume ensanglanté inspiré de Peau d’Âne, avant de se dénuder pour révéler un message choc inscrit sur son corps: "No culture, no future".

Entre moments de grâce et instants de malaise, la cérémonie des César reste, sous le feu des projecteurs, un miroir de l’évolution du cinéma et de la société, mêlant coups d’éclat, revendications et souvenirs impérissables.

Avec AFP

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