
Malgré les tensions régionales, l’été 2025 a surpris par sa résilience: plus de 100 vols par jour et jusqu’à 20.000 passagers quotidiens à l’aéroport de Beyrouth. Une fréquentation portée par les expatriés libanais, un sourire retrouvé chez les hôteliers… et quelques bouchons mémorables en prime.
Chaque été au Liban ressemble à un pari: profiter du soleil tout en guettant les nuages géopolitiques. En 2025, le pari a été en partie gagné. L’aéroport a retrouvé une activité intense, les hôtels ont revécu et les restaurants se sont remplis. Une saison qui reste toutefois loin des années dorées de 2018–2019, mais qui redonne confiance à un secteur à bout de souffle.
Entre juillet et août, plus de 100 vols quotidiens ont desservi Beyrouth, transportant entre 17.000 et 20.000 passagers par jour, selon les chiffres de l’AIB. La très grande majorité étaient des expatriés venus renouer avec leur terre natale.
À Beyrouth, les hôtels ont affiché des taux d’occupation oscillant entre 80% et 90%, tandis que les autres régions dépassaient les 60%, indique Pierre Achkar, président de la Fédération des syndicats touristiques, à Ici Beyrouth. Pour Ramzi Salman, président du syndicat des maisons d’hôtes, la saison a été une «très bonne surprise», avec «de bons chiffres», sauf dans les zones sensibles.
Du côté des restaurants et des lieux festifs, le bilan est plus nuancé. «Le début de saison, perturbé par les bombardements et les tensions régionales, a empêché un retour au niveau de 2018–2019», regrette Khaled Nazha, vice-président du syndicat des restaurateurs. Il estime que la fréquentation a été correcte, mais insuffisante pour compenser les pertes des années précédentes.
2024, une année noire
Pour comprendre cet enthousiasme prudent, il faut revenir sur l’été 2024. Ce fut l’un des pires crus touristiques depuis 2019: les arrivées ont chuté de 32%, passant de 1,67 million en 2023 à seulement 1,13 million en 2024. Un coup dur qui a laissé le secteur exsangue et nourri les pires inquiétudes.
Tous les professionnels du secteur s’accordent: la reprise est réelle, mais reste fragile. Pour consolider cette dynamique, ils réclament une stabilité politique et sécuritaire, des routes plus praticables, un terminal low cost et des infrastructures modernisées afin de replacer le Liban sur la carte du tourisme international avec moins de bouchons et plus de sérénité.
Bref, le Liban demeure un pays de contrastes: irrésistible par ses paysages, sa culture et sa cuisine, mais rebutant par son instabilité. Après une année 2024 catastrophique, l’été 2025 a offert une bouffée d’air et un espoir de relance. Reste à transformer l’essai: bâtir l’avenir du tourisme libanais plutôt que de simplement fêter son retour provisoire.
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