Longtemps présenté comme un géant pétrolier d’Amérique latine, le Venezuela traverse aujourd’hui l’une des crises économiques, sociales et politiques les plus graves de son histoire contemporaine.
Malgré des ressources naturelles exceptionnelles, le pays est confronté à l’hyperinflation, à l’effondrement de sa monnaie et à une paupérisation massive de sa population.
Une puissance pétrolière en crise
Le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde. Pourtant, cette richesse n’a pas empêché l’effondrement de l’économie nationale. Depuis plus d’une décennie, le pays subit une crise économique aiguë marquée par :
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une hyperinflation persistante,
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une chute vertigineuse du pouvoir d’achat,
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des pénuries chroniques de nourriture et de médicaments,
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et une détérioration continue des conditions de vie.
Carte d’identité du Venezuela
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Population : 28,4 millions d’habitants (Banque mondiale)
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Capitale : Caracas
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Population de la capitale : environ 3 millions
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Superficie : 916 445 km²
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Langue officielle : espagnol (plusieurs langues autochtones sont également parlées)
Géographie : un pays stratégique
Situé à l’extrême nord de l’Amérique du Sud, le Venezuela est bordé :
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au nord par la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique,
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à l’est par le Guyana,
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au sud par le Brésil,
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et à l’ouest par la Colombie.
Sa superficie est supérieure à celle de la France et de l’Allemagne réunies. Le pays administre également plusieurs îles et archipels caribéens, dont Margarita, Los Roques et Los Monjes.
Le Venezuela est par ailleurs engagé dans deux différends territoriaux majeurs :
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avec le Guyana, concernant la région de l’Essequibo,
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avec la Colombie, sur les frontières maritimes du golfe du Venezuela.
Repères historiques essentiels
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1522 : fondation de la première colonie espagnole permanente d’Amérique du Sud.
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1821 : indépendance vis-à-vis de l’Espagne, sous la conduite de Simón Bolívar.
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1830 : séparation de la Grande Colombie et naissance de l’État vénézuélien souverain.
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XIXᵉ siècle : instabilité politique chronique.
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XXᵉ siècle : alternance entre régimes autoritaires et transitions démocratiques, avec deux périodes dictatoriales majeures (1908-1935 et 1950-1958).
Une vie politique marquée par l’instabilité
Après la chute du dictateur Marcos Pérez Jiménez en 1958, l’armée se retire officiellement de la vie politique. Deux partis dominent alors la scène politique pendant des décennies :
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Action démocratique (AD)
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COPEI (démocrate-chrétien)
Mais en 1989, le pays bascule avec le Caracazo : des manifestations massives contre un programme d’austérité font plus de 200 morts à Caracas.
Les années 1990 sont marquées par :
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deux tentatives de coup d’État en 1992,
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la destitution du président Carlos Andrés Pérez pour corruption en 1993,
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une profonde défiance populaire envers les élites traditionnelles.
L’ère Hugo Chávez : promesses et tournant politique
En 1998, Hugo Chávez est élu président sur un discours de rupture, promettant :
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la lutte contre la corruption,
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la justice sociale,
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une refonte complète du système politique.
Un nouveau référendum constitutionnel est adopté en 1999, instaurant :
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un mandat présidentiel de 6 ans,
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l’élection du président au suffrage universel direct,
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un renforcement des pouvoirs de l’exécutif.
Chávez oriente également une large part des revenus pétroliers vers :
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les programmes sociaux,
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et le renforcement de l’appareil militaire, en grande partie équipé de matériel russe.
Une puissance militaire régionale
Les forces armées vénézuéliennes comptent environ 123 000 militaires actifs, répartis entre :
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Armée de terre,
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Marine,
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Armée de l’air,
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Garde nationale.
Le pays s’appuie aussi sur la milice bolivarienne, une force de réserve civile créée sous Chávez et idéologiquement liée à l’héritage bolivarien.
Une économie en chute libre
Indicateurs clés (FMI 2025 – Statista 2024)
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Inflation annuelle : 270 % (la plus élevée au monde)
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Inflation projetée en 2026 : 680 %
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Perte de valeur du bolivar : –99 % en 10 ans
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Chômage : 35,6 %
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PIB : 82,77 milliards de dollars
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Croissance : inférieure à 0,5 %
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Revenu annuel moyen : ~3 000 dollars
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Salaire minimum : 130 dollars
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Dette publique : 164 milliards de dollars
Le président Nicolás Maduro a pourtant affirmé que l’économie a enregistré une croissance de plus de 9 % en 2024, une donnée contestée par de nombreux observateurs internationaux.
La vie quotidienne : survivre au jour le jour
Selon le Financial Times :
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30 œufs coûtent environ 6,40 dollars,
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1 kg de fromage atteint 10 dollars,
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Pour une grande partie de la population, se nourrir correctement est devenu un luxe.
La combinaison de bas salaires, de prix élevés et de pénuries rend le quotidien extrêmement difficile pour des millions de Vénézuéliens.



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