Suite à l’arrestation de Nicolàs Maduro et lors de sa conférence de presse d’hier, le président américain Donald Trump a évoqué la lauréate du prix Nobel de la paix María Corina Machado. Interrogé sur un éventuel rôle qu’elle pourrait jouer dans un gouvernement post-Maduro, il a indiqué ne pas avoir été en contact avec elle et a estimé que, bien qu’elle soit une «femme très sympathique», elle «ne bénéficie pas du soutien ni du respect nécessaires au sein du pays» pour diriger le Venezuela. Mais qui est-elle ?
Prix Nobel et activiste pour la démocratie
À 58 ans, Machado est la première femme vénézuélienne à recevoir le prix Nobel de la paix en décembre 2025. L’annonce, venue d’Oslo, saluait sa lutte pacifique et constante pour la démocratie, dans un pays où toute opposition est risquée.
Née à Caracas en 1967, elle est ingénieure industrielle, diplômée de l’Université catholique Andrés Bello. Elle se fait connaître au début des années 2000 lorsqu’elle fonde, avec Alejandro Plaz, l’organisation citoyenne Súmate, qui surveille les élections et défend la transparence du vote. Très vite, l’ancien président Hugo Chávez y voit une provocation. L’ONG est poursuivie et ses membres sont menacés. Machado, elle, reste au Venezuela.
Élue députée en 2010, elle siège brièvement à l’Assemblée nationale, avant d’être exclue pour avoir pris la parole devant l’Organisation des États américains. En 2012, elle lance son parti Vente Venezuela et devient l’un des visages les plus connus de l’opposition. La lauréate défend la liberté politique, la souveraineté populaire et le refus de toute violence, même face à la répression.
Les années passent et les menaces se multiplient, mais son discours reste le même. «Le changement doit venir des citoyens», avait-elle alors affirmé. Cheffe de l'opposition, Mme Machado, qui vivait dans la clandestinité depuis juillet 2024 avant de recevoir son Nobel à Oslo en décembre, n'avait pu se présenter à la présidentielle de juillet 2024, déclarée inéligible par le pouvoir. Elle avait alors apporté son soutien au candidat Edmundo González Urrutia, avec qui elle partage le prix Sakharov du Parlement européen pour la liberté de pensée.
En 2025, l’Institut Ivan Allen de l’université Georgia Tech lui remet le prix du Courage social. Ces distinctions annonçaient déjà la reconnaissance du comité Nobel.
Début 2025, une interview a relancé le débat sur sa proximité supposée avec Donald Trump. Machado y avait salué la décision du président américain d’annuler certaines licences pétrolières rétablies sous Joe Biden. Selon elle, cette mesure limitait les revenus de Maduro sans nuire directement à la population. Ce propos lui a valu l’étiquette de sympathisante républicaine, même si aucun lien politique avec Trump n’a été établi.
Samedi, suite à l’opération «Absolute Resolve» lancée par les Américains, elle a estimé que le candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, doit "assumer immédiatement" la présidence.
"Vénézuéliens, l'heure de la liberté est arrivée", a-t-elle écrit dans un communiqué sur les réseaux sociaux.
Venezolanos, llegó la hora de la libertad. pic.twitter.com/ehy20V1xm9
— María Corina Machado (@MariaCorinaYA) January 3, 2026



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