Les forces appuyées par l'Arabie saoudite au Yémen sont à l'offensive contre les séparatistes soutenus par les Émirats arabes unis, qui s'étaient emparés de vastes territoires en décembre, dans un conflit qui a mis en évidence les tensions entre les deux riches alliés du Golfe.
Ce nouveau front dans ce pays très pauvre, déjà divisé par la rébellion des Houthis pro-iraniens, a fait plus d'une centaine de morts, selon les séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC).
Voici les derniers développements dans ce conflit:
Bombardements meurtriers
La coalition menée par l'Arabie saoudite a bombardé mercredi la province d'origine du chef du STC, Aidarous al-Zoubaidi, après que ce dernier a refusé de se rendre mercredi à Riyad pour des pourparlers visant à mettre fin au conflit.
Cette quinzaine de frappes dans la province d'al-Dhale, ont fait sept morts selon des sources hospitalières.
L'aviation saoudienne a bombardé des positions du STC à plusieurs reprises depuis que le mouvement s'est emparé, début décembre, de vastes territoires dans la province de Hadramout et la région voisine de Mahra, permettant aux forces soutenues par Riyad de reprendre le terrain perdu.
Le STC dit que Riyad détient une délégation
Le STC a accusé l'Arabie saoudite de détenir «arbitrairement» sa délégation de hauts responsables, partie à Riyad sans le chef du mouvement.
Ces responsables «plus de 50», ont été «emmenés dans un lieu inconnu par les Saoudiens», a affirmé le STC, demandant «leur libération immédiate» et tenant «l'Arabie saoudite responsable de leur sécurité».
Le porte-parole du mouvement, Anwar al-Tamimi, avait auparavant dit à l'AFP avoir perdu le contact avec la délégation après son arrivée en Arabie saoudite.
L'un de ses membres a écrit sur X qu'il s'apprêtait à participer aux discussions à Riyad «dans une atmosphère positive», mais ce message n'est pas considéré comme une «communication légitime» par le STC.
L'Arabie saoudite était intervenue au Yémen en 2015 à la tête d'une coalition - dont les Émirats arabes unis étaient l'un des principaux membres - face à la rébellion des Houthis, qui contrôlent de vastes pans du territoire.
Accusation de trahison
Peu après les frappes saoudiennes, le chef du Conseil présidentiel yéménite, a annoncé la révocation de Aidarous al-Zoubaidi pour «haute trahison».
Rachad al-Alimi, proche de Riyad, a également ordonné le défèrement du chef des séparatistes devant le procureur général pour avoir «constitué une bande armée», tué des militaires et des civils et violé la Constitution, entre autres.
Le Conseil présidentiel, qui exerce le pouvoir exécutif depuis 2022, était formé au départ de huit membres, dont trois membres du STC, dont M. Zoubaidi.
Le STC regroupe plusieurs factions qui aspirent à recréer un État dans le sud du Yémen, où une République indépendante était en place entre 1967 et 1990.
Son chef a dit la semaine dernière se donner deux ans avant de déclarer l'indépendance.
Couvre-feu à Aden
Le STC a affirmé mercredi que son président «continuait d'assumer ses fonctions à partir d'Aden», le grand port du sud du pays.
Bastion des séparatistes, cette ancienne capitale du Yémen du Sud abrite également le siège provisoire du gouvernement, qui s'y était installé après avoir été chassé de la capitale Sanaa par les Houthis.
La coalition dirigée par Riyad a dit avoir demandé au vice-président du STC et membre du Conseil présidentiel, Abdelrahmane al-Mahrami, qui se trouve à Riyad et a approuvé la mise à l'écart de M. Zoubaidi, «d'assurer la sécurité et de prévenir les hostilités à Aden».
M. Mahrami a annoncé la mise en vigueur d'un couvre-feu dans la ville, de 21H00 à 6H00 locales.
Selon une source de sécurité, les forces de M. Mahrami se sont déployées dans les rues de la ville portuaire et les bâtiments gouvernementaux, y compris le palais présidentiel.
Une source militaire a affirmé à l’AFP que des unités des forces du Bouclier national, soutenues par l’Arabie saoudite, étaient arrivées dans la ville d’Ataq et se dirigeaient vers Aden, située à environ 400 kilomètres de là.
Des témoins ont dit avoir vu une centaine de véhicules à Ataq sur la route menant à Aden.
Touristes évacués de Socotra
Un premier groupe de 180 touristes bloqués sur l'île yéménite de Socotra par les combats sur le continent, a atterri mercredi à Djeddah, en Arabie saoudite, a déclaré le gouvernement yéménite.
D'autres vols d'évacuation doivent suivre. Des responsables locaux avaient affirmé lundi que plus de 400 touristes étaient bloqués sur cette île en mer d'Arabie, la plupart arrivés via les Émirats arabes unis.
AFP



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