Le Liban signe un accord d’exploration gazière sur le bloc 8
LIban, pays gazier? ©Ina Fassbender / AFP

Le Liban a signé vendredi un accord d’exploration gazière avec un consortium composé de QatarEnergy (Qatar), TotalEnergies (France) et Eni (Italie), portant sur le bloc offshore 8. Cette signature marque une avancée concrète dans la relance de l’exploration gazière en mer, après plusieurs années de blocage.

L’accord prévoit un levé sismique 3D couvrant 1 200 km², préalable à toute décision de forage exploratoire lors de la deuxième phase du projet. Cette étude sismique est essentielle pour établir une cartographie précise du sous-sol et évaluer le potentiel géologique du bloc.  

Le principe de l’exploitation du bloc 8 avait été approuvé par le gouvernement lors d’une séance tenue en octobre 2025, rappelle-t-on.

Un cadre juridique désormais clarifié

La conclusion de cet accord a été rendue possible par la démarcation des frontières maritimes du Liban avec Israël en 2022, puis avec Chypre en 2025. Ces accords ont permis de lever les incertitudes juridiques qui pesaient sur le bloc 8, auparavant situé dans une zone contestée.

Lors du deuxième cycle d’octroi de licences, le consortium TotalEnergies–QatarEnergy–Eni avait déjà soumis une offre pour les blocs 8 et 10. Celle-ci n’avait pas été retenue, le gouvernement ayant alors exigé des délais d’exploration plus courts, afin d’accélérer les retombées économiques, ainsi qu’un renforcement de la part de l’État en cas de découverte commerciale.

Le bloc 8, un secteur stratégique

D’une superficie d’environ 1 200 km², le bloc 8 est entièrement situé dans la zone économique exclusive (ZEE) libanaise, à proximité de la frontière maritime avec Israël.

En août 2023, le Liban avait accordé une licence à GeoX pour l’acquisition des données sismiques du bloc 8, tandis que Bright Skies était chargée de leur traitement. En décembre 2024, le ministère de l’Énergie avait confié à la société norvégienne-américaine TGS la mission de structurer, financer, valoriser et commercialiser les données sismiques à grande échelle. Un accord, dont l’exécution a été reportée sans toutefois être annulé.

Un potentiel énergétique clé pour l’économie

À noter que PGS et Spectrum, deux sociétés rachetées par TGS en 2019, avaient déjà réalisé des campagnes sismiques 3D approuvées par l’État entre 2006 et 2013, couvrant près de 80 % de la ZEE libanaise, soit environ 15 000 km².

Selon Fawaz Murad, représentant régional de TGS, le bloc 8 présente un potentiel gazier offshore significatif et figure parmi les secteurs les plus stratégiques pour le Liban dans sa quête de ressources énergétiques nationales susceptibles de soutenir la relance économique. Cependant, à ce jour, aucune découverte commercialement viable n’a été réalisée dans les eaux libanaises.

Le Liban, un futur pays gazier ?

Selon Joe Saddi, ministre libanais de l’Énergie et de l’Eau, les Libanais peuvent continuer à rêver de voir leur pays devenir un jour un acteur pétrolier ou gazier majeur. Il cite l’exemple de la compagnie Shell qui, en 2000, avait foré un puits dans la région de Zohr en Égypte, sans résultat. Vingt ans plus tard, une autre société a foré dans la même zone, découvrant le plus grand champ gazier du pays du Nil.

Modernisation des licences et exploration onshore

Parallèlement, le Liban poursuit l’exploration de ses ressources énergétiques en mettant en valeur les blocs non attribués. Le ministère de l’Énergie et de l’Eau, en partenariat avec l’Autorité de gestion du secteur pétrolier, travaille à la modernisation des règles d’octroi des licences offshore, tout en collaborant avec le Parlement pour l’adoption d’une loi sur l’exploration pétrolière onshore.

Le ministère prépare actuellement le dossier de lancement du quatrième cycle de licences, avec l’élaboration d’un cahier des charges destiné à attirer les compagnies internationales et à renforcer les activités d’exploration et de production au Liban.

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