Yémen: des séparatistes présents à Riyad annoncent une «dissolution» du mouvement qui dément
Des combattants qui seraient soutenus par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite parcourent les rues de la ville portuaire d'Aden le 8 janvier 2026, au lendemain de l'annonce de la fuite du leader séparatiste yéménite vers les Émirats arabes unis. © SALEH AL-OBEIDI / AFP

Une délégation de séparatistes du Yémen présente en Arabie saoudite a dit vendredi dissoudre le mouvement après l'échec d'une offensive ambitieuse, une déclaration aussitôt rejetée par son vice-président comme faite «sous la contrainte» de Ryad.

«Nous annonçons la dissolution du Conseil de transition du Sud (STC)», a déclaré son secrétaire général, Abdulrahman al-Subaihi, dans une allocution retransmise sur une chaîne de télévision saoudienne.

M. Subaihi se trouve actuellement à Ryad avec une délégation de plus de 50 membres du STC, injoignable depuis son arrivée mercredi.

Sur les images, d'autres responsables yéménites affichent un air sombre.

Soutenus par les Emirats arabes unis, les séparatistes se sont emparés en décembre de vastes territoires dans les provinces de Hadramout et de Mahra, dans le sud du Yémen, provoquant une riposte des autres factions gouvernementales, appuyées par Ryad, qui ont repris début janvier le terrain perdu.

Dans la foulée, le royaume avait appelé à un dialogue entre les différentes factions du sud et convoqué une délégation du STC à se rendre à Ryad.

Depuis les Emirats où il est basé, le vice-président du STC, Hani ben Breik, a dénoncé une «farce politique» et une décision prise «sous la pression et la contrainte d'une équipe du STC soumise aux restrictions de l'assignation à résidence».

Dans un communiqué séparé, le groupe a également rejeté la dissolution et appelé à «la libération de la délégation».

Par ailleurs, l'ancien ministre de la Défense du Yémen, Mohsen al-Daeri, limogé jeudi au lendemain de son départ pour Ryad, dans le même avion que la délégation séparatiste, est détenu au ministère saoudien de la Défense, a déclaré vendredi à l'AFP une source de son cabinet.

Sa famille est sans nouvelles de lui depuis son départ d'Aden, a précisé cette source sous couvert d'anonymat.

Le ministre n'est pas officiellement membre du STC, mais il est originaire de Dhale, la province d'Aidarous al-Zoubaidi, le chef du mouvement.

M. Zoubaidi devait se rendre dans la capitale saoudienne avec la délégation, mais a renoncé à embarquer après avoir appris que l'Arabie saoudite exigerait de lui qu'il dissolve le STC, a indiqué à l'AFP un responsable du mouvement.

Selon la coalition dirigée par Ryad, il a fui à Abou Dhabi avec l'aide des Emirats arabes unis, tandis que le STC assure qu'il se trouve toujours à Aden, dans le sud du Yémen.

Depuis, il a été évincé de ses fonctions au sein de la présidence yéménite.

Regroupées au sein du Conseil présidentiel reconnu par la communauté internationale, qui exerce son autorité sur le sud du Yémen, les différentes factions du sud se déchirent entre les séparatistes soutenus par Abou Dhabi et d'autres groupes appuyés par Ryad.

Ces deux puissances du Golfe s'étaient unies en 2015 au début de la guerre civile yéménite contre les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, qui ont pris le contrôle de la capitale Sanaa en 2014 et du nord du pays.

Mais cette fragile alliance a volé en éclats avec l'offensive éclair des séparatistes, l'Arabie saoudite ayant accusé la semaine dernière les Emirats d'actions «extrêmement dangereuses».

AFP

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