Venezuela: González Urrutia appelle à la reconnaissance «explicite» de sa victoire à la présidentielle
La fille de l'opposant vénézuélien en exil Edmundo Gonzalez, Mariana Gonzalez (à droite), et leur avocat Jose Vicente Haro, à leur arrivée à la prison El Rodeo I à Guatire, dans l'État de Miranda, à environ 30 kilomètres à l'est de Caracas, le 9 janvier 2026 © RONALDO SCHEMIDT / AFP

L’opposant vénézuélien Edmundo González Urrutia, en exil en Espagne, a appelé vendredi à la reconnaissance «explicite» de sa victoire à la présidentielle de 2024, officiellement remportée par le président déchu Nicolas Maduro, capturé début janvier par les États‑Unis. 

«La reconstruction démocratique au Venezuela est conditionnée par la reconnaissance explicite des résultats des élections du 28 juillet 2024», a‑t‑il assuré lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, selon un communiqué publié par son équipe.

Visé par un mandat d’arrêt émis par les autorités vénézuéliennes, Edmundo González Urrutia avait fui son pays en septembre 2024 et trouvé refuge en Espagne, où vivent des centaines de milliers de Vénézuéliens. 

L’opposition vénézuélienne, qui a publié les procès‑verbaux de bureaux de vote – qualifiés de faux par le pouvoir à Caracas – assure qu’il est le vainqueur légitime de la présidentielle.

Au cours de son appel avec Pedro Sánchez, «le président élu a affirmé que les véritables transitions politiques sont complexes et ne peuvent se réduire à des gestes partiels», selon ce communiqué. 

De son côté, le Premier ministre espagnol a dit espérer «rapprocher les positions» entre la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, et l’opposition en exil, menée par Edmundo González Urrutia, à l’issue d’entretiens menés séparément avec les deux dirigeants. 

«Nous souhaitons accompagner le pays dans cette nouvelle étape», a‑t‑il écrit sur le réseau social X, ajoutant une nouvelle fois que Madrid soutenait «une transition pacifique, négociée et démocratique au Venezuela, menée par les Vénézuéliens eux‑mêmes». 

Plus tôt vendredi, Edmundo González Urrutia s’était dit «profondément heureux» après la libération la veille de plusieurs prisonniers politiques. 

Mais dans son entretien avec Pedro Sánchez, il a mis en garde contre des libérations «sélectives» pouvant être considérées comme des «gestes tactiques», alors que «beaucoup» de prisonniers politiques «demeurent détenus». 

«Il a soutenu que la libération sélective de détenus ne saurait se substituer à la restitution pleine et entière des droits ni à la reconnaissance du mandat démocratique que les Vénézuéliens ont accordé le 28 juillet 2024 à lui et à María Corina Machado», récemment désignée Prix Nobel de la Paix qu’il avait suppléée comme candidate à la présidentielle, poursuit le texte. 

Dans la foulée de la capture de Nicolas Maduro, le président américain Donald Trump avait estimé que Maria Corina Machado, qu’il doit prochainement rencontrer, n’était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays. 

L’ONG spécialisée Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires. 

Parmi eux, le gendre d’Edmundo González Urrutia, Rafael Tudares Bracho, qui a été condamné début décembre à 30 ans de prison, selon sa famille. 

 

AFP

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