L’Iran pourrait proposer une manne commerciale aux États-Unis pour éviter la guerre, selon le Financial Times
États-Unis–Iran: entre lignes rouges nucléaires et diplomatie sous tension. ©Al-Markazia

L’Iran chercherait à séduire le président américain Donald Trump avec ce que le Financial Times qualifie de véritable manne économique, afin d’obtenir un accord sur son programme nucléaire et d’éviter une confrontation militaire.

D’après le quotidien britannique, Téhéran envisagerait d’offrir aux entreprises américaines des opportunités d’investissement dans ses vastes réserves pétrolières et gazières, ainsi que dans les minerais stratégiques. Selon une source citée par le Financial Times et en vertu de cette proposition, qui s’adresserait directement à Donald Trump, l’Iran tablerait sur l’appétence du président américain pour les accords promettant un dividende financier rapide pour les États-Unis.

Le journal précise toutefois qu’aucune offre commerciale formelle n’a encore été présentée à Washington. Dans ce contexte, un haut responsable américain a déclaré au Financial Times: «Cela n’a jamais été discuté. Le président Trump a été clair: l’Iran ne peut pas avoir d’arme nucléaire ni la capacité d’en construire une».

La cas «vénézuélien»

Selon une autre source interrogée par le quotidien, des discussions auraient eu lieu autour d’investissements américains dans le pétrole et le gaz iraniens, sans qu’une proposition officielle n’ait été transmise à Washington. Cette stratégie s’inspirerait, toujours selon le Financial Times, du «cas vénézuélien», en référence à la volonté de Donald Trump d’encourager des accords pétroliers américains après la saisie, en janvier dernier, du président Nicolás Maduro.

Vérification multinationale et levée des sanctions

Le Financial Times révèle également que l’Iran discuterait de la mise en place d’un mécanisme multinational de vérification de son programme nucléaire, qui pourrait inclure une équipe américaine ou un pays tiers représentant Washington, en coordination avec l’Agence internationale de l'énergie atomique.

Repris par le journal, les propos de Abbas Araghchi sont tels que l’Iran «ne développera en aucune circonstance une arme nucléaire» et qu’un accord «juste et équitable» est possible «dans les plus brefs délais», à condition de privilégier la diplomatie.

L’argument énergétique

Le Financial Times rappelle que l’Iran détenait en 2023 les troisièmes plus grandes réserves mondiales de pétrole et les deuxièmes réserves de gaz, selon l’Energy Information Administration américaine. Il partage notamment avec le Qatar le plus grand champ gazier du monde.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hamid Ghanbari, a indiqué, selon le quotidien, que des «intérêts communs dans les domaines du pétrole et du gaz», mais aussi des investissements miniers et même l’achat d’avions civils, avaient été inclus dans les discussions avec les États-Unis.

Le journal rappelle qu’après l’accord nucléaire de 2015, l’avionneur américain Boeing avait signé un contrat de 20 milliards de dollars pour fournir des appareils à Iran Air. Cet accord n’avait toutefois jamais abouti, après le retrait américain du pacte en 2018 et le rétablissement de lourdes sanctions contre Téhéran.

La question cruciale de l’enrichissement

L’un des principaux points d’achoppement demeure la capacité de l’Iran à enrichir l’uranium. Le Financial Times souligne que Washington exige la fin permanente de toute capacité d’enrichissement, condition que Téhéran considère comme une ligne rouge, notamment pour le guide suprême Ali Khamenei.

Si certains responsables régionaux, dont le chef de la diplomatie turque cité par le journal, estiment que l’administration Trump pourrait se montrer flexible en autorisant un enrichissement symbolique, des responsables américains ont contesté cette interprétation.

Steve Witkoff, négociateur en chef de Trump, a réaffirmé que la «ligne rouge» du président incluait un «zéro enrichissement» et que l’Iran devrait remettre son stock d’uranium enrichi.

Ainsi, selon le Financial Times, Téhéran tente de transformer la confrontation stratégique en opportunité économique, misant sur l’attrait financier pour infléchir la position américaine. Reste à savoir si la promesse d’une «manne commerciale» suffira à dépasser les lignes rouges nucléaires qui séparent encore les deux capitales.

 

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