Le président américain Donald Trump devrait annoncer mercredi le lancement de la phase 2 de son plan pour la bande de Gaza, une étape décisive censée transformer le cessez-le-feu actuel en un processus de transition politique, sécuritaire et institutionnelle. Plus ambitieuse et plus sensible que la première phase, cette nouvelle étape vise à redessiner la gouvernance de l’enclave palestinienne et à poser les bases de sa reconstruction.
Au cœur de cette phase 2 figure la mise en place d’un gouvernement palestinien technocratique, composé de responsables non affiliés politiquement, chargé d’administrer les affaires civiles de Gaza. Ce comité serait responsable des services essentiels (santé, éducation, infrastructures, aide humanitaire) et remplacerait de facto l’autorité exercée par le Hamas sur le territoire.
Ce dispositif serait placé sous la supervision d’un Conseil international pour la paix (« Board of Peace »), présidé par Donald Trump et réunissant des dirigeants et représentants de pays du Moyen-Orient et d’autres puissances internationales. Ce conseil assurerait la coordination politique du processus, arbitrerait les blocages et piloterait les grandes orientations liées à la stabilisation et à la reconstruction de Gaza. L’ancien envoyé spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient et ex-ministre bulgare des Affaires étrangères, Nickolay Mladenov, devrait jouer un rôle important dans ce dispositif, en faisant le lien entre l’organe technocratique palestinien et le Conseil pour la paix, composé de hauts responsables internationaux.
Sur le plan sécuritaire, la phase 2 prévoit le déploiement d’une force internationale de stabilisation, chargée de maintenir l’ordre, d’accompagner le retrait progressif des forces israéliennes et de soutenir le désarmement du Hamas et d’autres groupes armés. La composition exacte de cette force, son mandat et les pays contributeurs restent toutefois en discussion, plusieurs États craignant d’être perçus comme une force d’occupation.
Le désarmement du Hamas constitue l’un des points les plus sensibles du plan. Il est présenté comme une condition essentielle à la poursuite des retraits israéliens et au lancement d’une reconstruction à grande échelle. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont notamment averti qu’aucun financement majeur du Golfe ne serait engagé tant que le mouvement islamiste conservera des capacités militaires.
Enfin, la phase 2 doit amorcer les premières étapes de la reconstruction de Gaza, sous supervision internationale, avec une approche progressive privilégiant les zones sécurisées. L’objectif affiché par l’administration Trump est de transformer, à terme, la bande de Gaza en un pôle économique régional, après une période de transition étroitement encadrée.
À l’heure actuelle, beaucoup de questions restent en suspens dans l’application de cette phase, tant dans la composition du conseil international et du gouvernement palestinien que dans la réalisation du désarmement du Hamas et du retrait israélien. La phase 2 du plan de Trump pour Gaza constitue donc un moment charnière pour l’avenir de Gaza.



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