Donald Trump affirme avoir reçu des garanties selon lesquelles les autorités iraniennes auraient mis fin aux violences meurtrières contre les manifestants et renoncé aux exécutions annoncées. Ces déclarations interviennent alors que l’Iran a rouvert son espace aérien, fermé pendant près de cinq heures.
Donald Trump a affirmé mercredi avoir reçu des assurances selon lesquelles la répression meurtrière des manifestations en Iran aurait cessé. Le président américain a toutefois entretenu l’ambiguïté sur une éventuelle intervention militaire des États-Unis, alors que la communauté internationale reste sur le qui-vive face à une crise majeure au Moyen-Orient.
S’exprimant lors d’un événement à la Maison Blanche, Donald Trump a déclaré que «les tueries ont pris fin» en Iran, citant des informations provenant de «sources très importantes de l’autre côté». Selon ces mêmes sources, les exécutions annoncées de manifestants «n’auront pas lieu», a-t-il assuré.
«Il devait y avoir beaucoup d’exécutions aujourd’hui, et elles n’auront pas lieu – et nous allons vérifier cela», a-t-il ajouté, sans fournir davantage de détails.
Interrogé par un journaliste de l’AFP sur la possibilité d’une intervention militaire américaine, le président a répondu : «On va observer ça et voir quelle est la suite», refusant de confirmer que l’option militaire était désormais écartée.
Téhéran nie toute exécution imminente
Dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé qu’il n’y aurait «pas de pendaison aujourd’hui ou demain».
«Il n’y a aucun plan pour des exécutions. La pendaison est hors de question», a-t-il insisté, tout en affirmant que «le calme règne» désormais dans le pays et que les autorités en ont le «contrôle total».
Ces déclarations contrastent avec celles du ministre iranien de la Justice, Amin Hossein Rahimi, qui a affirmé mercredi que «tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel»
Selon l’ONG Hengaw, basée en Norvège, l’exécution d’Erfan Soltani, un Iranien de 26 ans arrêté lors des manifestations et condamné à mort, a été reportée, mais « a vie reste en danger» (
Un bilan humain toujours alarmant
Malgré les annonces de désescalade, les organisations de défense des droits humains dressent un bilan extrêmement lourd.
L’ONG Iran Human Rights (IHR) affirme qu’au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement de contestation, le 28 décembre, et que plus de 10.000 personnes ont été arrêtées.
«Ce chiffre est un minimum absolu», prévient l’organisation.
D’autres sources, comme la Human Rights Activists News Agency (HRANA), font état d’au moins 2.435 morts confirmés, dont 13 enfants, tandis que des centaines de décès supplémentaires restent en cours de vérification (BBC).
Les autorités iraniennes n’ont, pour leur part, publié aucun bilan officiel, invoquant des difficultés d’identification des victimes.
Menaces régionales et précautions diplomatiques
La crise a provoqué de fortes tensions régionales. Le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, a averti que l’Iran était prêt à riposter «de manière décisive» à toute attaque américaine.
Par précaution, une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar a été évacuée mercredi, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni ont réduit leur présence militaire dans la région. L’Iran a brièvement fermé son espace aérien, poussant plusieurs compagnies, dont Lufthansa, à éviter les survols du pays..
Le Royaume-Uni a annoncé la fermeture temporaire de son ambassade à Téhéran. L’Espagne, l’Italie, la Pologne et l’Inde ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran.
Internet coupé et procès annoncés
Depuis près d’une semaine, l’Iran est quasiment coupé d’internet, une mesure dénoncée par les ONG comme un moyen d’empêcher la diffusion d’informations sur la répression. Les communications téléphoniques restent également limitées.
À Téhéran, le pouvoir judiciaire a promis des procès «rapides» et «publics».
«Toute société peut s’attendre à des manifestations, mais nous ne tolérerons pas la violence», a affirmé un responsable gouvernemental, assurant qu’aucune nouvelle «émeute» n’avait été signalée depuis lundi.
La diplomatie sous surveillance internationale
Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir jeudi à la demande des États-Unis pour un «briefing sur la situation en Iran», selon la présidence somalienne. Les ministres des Affaires étrangères du G7 se sont dits prêts à imposer de nouvelles sanctions contre Téhéran en raison de la «violence délibérée» contre les manifestants.
Si Donald Trump a reconnu espérer que les informations reçues soient exactes, il a admis que Washington n’avait pas encore vérifié de manière indépendante l’arrêt des violences.
«Nous allons regarder cela de très près», a-t-il conclu.
Les cours du pétrole dégringolent de 3% après les propos de Trump
Les prix du pétrole ont chuté de plus de 3% jeudi après les propos du président américain Donald Trump.
Vers 02H00 GMT, le baril de WTI nord-américain lâchait 3% à 60,16 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord 2,87% à 64,61 dollars.
Les cours de l'or noir avaient bondi ces derniers jours, atteignant mercredi un niveau plus vu en clôture depuis trois mois avec la montée de tensions en Iran, secoué par un soulèvement populaire violemment réprimé, et les menaces de Washington contre Téhéran.
Mais le marché a brusquement décroché dès le début des échanges asiatiques.
Avec AFP et agences



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