Après la mission militaire européenne, une délégation du Congrès américain en soutien du Groenland
Cette vue aérienne montre des bâtiments enneigés à Nuuk, au Groenland, le 7 mars 2025. ©Odd Andersen / AFP

Une délégation bipartisane du Congrès américain a entamé vendredi à Copenhague une visite de soutien au Danemark et au Groenland face aux convoitises de Donald Trump, nouveau geste en faveur du territoire arctique après l’envoi d’une mission militaire européenne de reconnaissance.

Les onze parlementaires doivent en particulier rencontrer la Première ministre Mette Frederiksen, qui a acté l’existence d’un «désaccord fondamental» avec l’administration Trump, en présence du chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen.

La délégation américaine est arrivée vers midi au siège du patronat danois pour un repas avec des chefs d’entreprise. Plus tard dans la journée, elle doit s’entretenir avec des membres du Parlement danois, où le drapeau groenlandais a été hissé.

«Nous faisons preuve d’une solidarité bipartisane envers les habitants de ce pays et envers le Groenland. Ils sont nos amis et nos alliés depuis des décennies», a déclaré Dick Durbin, sénateur démocrate, à des journalistes.

«Nous voulons qu’ils sachent que nous leur en sommes très reconnaissants, et que les déclarations du président ne reflètent pas ce que ressent le peuple américain», a-t-il ajouté en arrivant au siège du patronat danois.

Un van noir a été vu peu avant midi par un journaliste de l’AFP sortant des bureaux de la Première ministre, mais le cabinet de Mme Frederiksen n’a pas confirmé que la rencontre avait eu lieu.

Cette visite intervient deux jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur l’avenir du territoire autonome.

Outre Dick Durbin, la délégation américaine est composée des sénateurs Chris Coons, Peter Welch et Jeanne Shaheen du Parti démocrate, ainsi que Thom Tillis et Lisa Murkowski du Parti républicain.

La Chambre des représentants est représentée par les démocrates Steny Hoyer, Gregory Meeks, Madeleine Dean, Sara Jacobs et Sarah McBride.

À Nuuk, capitale du Groenland, les habitants saluent cette tournée de soutien.

«Le Congrès n’approuverait jamais une action militaire au Groenland. Ce n’est qu’un idiot qui parle», assure Kenni (nom d’emprunt), syndicaliste de 39 ans, rencontré par l’AFP. «Mais s’il le fait, il sera destitué ou mis dehors. Si les membres du Congrès veulent sauver leur propre démocratie, ils doivent s’activer».

Donald Trump ne cesse de réitérer sa volonté de s’emparer de l’immense île et critique Copenhague sur son manque d’engagement au Groenland.

Manifestations en préparation 

Les militaires étaient plus visibles vendredi dans la capitale groenlandaise, a constaté un journaliste de l’AFP, deux jours après l’annonce du renforcement militaire danois et l’envoi d’une mission de reconnaissance européenne.

«Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président et cela n’a aucun impact sur son objectif d’acquérir le Groenland», a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse.

Il est «hors de question» que les États-Unis acquièrent le Groenland, avait répondu le ministre des Affaires étrangères du Danemark Lars Løkke Rasmussen.

L’envoi de militaires européens au Groenland pour un exercice vise à «envoyer un signal» à «tout le monde», y compris aux États-Unis, sur la détermination des pays européens à «défendre (leur) souveraineté», a fait valoir la ministre déléguée aux Armées française Alice Rufo.

La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l’envoi de quelques personnels militaires, préalable à de nouveaux exercices dans l’Arctique.

La France a déjà déployé «une première équipe de militaires» au Groenland et va dépêcher «dans les prochains jours» de nouveaux «moyens terrestres, aériens et maritimes» dans le territoire autonome danois, a indiqué Emmanuel Macron.

Dans ce contexte, d’importantes manifestations sont prévues samedi dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk afin de protester contre les ambitions territoriales de Donald Trump.

Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont signalé leur volonté de participer aux rassemblements au Danemark, dans la capitale du pays, à Aarhus (centre), Aalborg (nord) et Odense (sud), à l’initiative de plusieurs organisations groenlandaises.

 

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire