«Le Mage du Kremlin»: chronique de la brutalité du pouvoir à Moscou, du best-seller au grand écran
Jude Law, méconnaissable, incarne Vladimir Poutine dans «Le Mage du Kremlin», adaptation du best-seller de Giuliano da Empoli par Olivier Assayas, en salles en France mercredi prochain. ©Ici Beyrouth

Le film Le Mage du Kremlin, réalisé par Olivier Assayas et adapté du best-seller de Giuliano da Empoli, sort ce mercredi en salles en France. Avec Jude Law dans le rôle de Vladimir Poutine et Paul Dano en stratège politique de l’ombre, le long-métrage explore plus de deux décennies de pouvoir en Russie et propose une réflexion sur l’évolution contemporaine des mécanismes politiques.

Best-seller paru en 2022, Le Mage du Kremlin, adapté au cinéma par Olivier Assayas, sort mercredi en salle, une chronique de la transformation du pouvoir dans la Russie post-soviétique, avec un Jude Law méconnaissable pour incarner Vladimir Poutine.

Adapté du roman de Giuliano da Empoli, le film suit la carrière de Vadim Baranov (Paul Dano), conseiller de l'ombre de Vladimir Poutine largement inspiré de Vladislav Sourkov, son éminence grise.

De la dislocation de l'URSS au début des années 1990 jusqu'à l'annexion de la Crimée ukrainienne par la Russie en 2014, le film chronique plus de deux décennies de vie politique russe, marquées par l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine, «le tsar», comme l'appelle Vadim Baranov.

Tournée en Lettonie, en langue anglaise, l'œuvre se veut une fiction éclairante sur les ressorts du pouvoir en Russie et l'état d'esprit de revanche sur l'Occident qui y règne.

«J'aurais sans doute préféré faire un film en russe, en Russie, dans des décors véridiques», a reconnu le réalisateur Olivier Assayas, sur France Inter.

Mais tourner en anglais a permis «de donner une universalité à ce dont on parlait», a-t-il poursuivi, dressant un parallèle avec l'émergence d'un pouvoir «fort, inquiétant et menaçant» aux États-Unis également.

Le Mage du Kremlin n'est pas un film sur l'ascension de Poutine. C'est un long-métrage sur «la transformation de la politique» partout dans le monde, avait d'ailleurs confié Olivier Assayas lors de la présentation du film à la Mostra de Venise en août dernier.

La Russie contemporaine, «c'est l'union entre la restauration d'un pouvoir vertical, autoritaire, basé sur une forme de violence (...) avec tout le théâtre postmoderne: la télévision, le rapport au spectacle, internet, les réseaux sociaux, la création d'un théâtre de réalité parallèle», qui aujourd'hui s'est généralisé, a observé Giuliano da Empoli, interrogé par France Inter.

Pour se glisser dans la peau du maître du Kremlin, Jude Law a scruté des images du président russe jusqu'à l'«obsession». L'acteur britannique de 53 ans, l'un des plus célèbres de sa génération, porte une perruque et s'est mis au judo pour coller au plus près du personnage.

L'écrivain Emmanuel Carrère, bon connaisseur de la Russie et qui a travaillé à l'adaptation du roman au cinéma, avait salué lors d'une rencontre avec l'AFP à Venise «une incarnation très étonnante», avec «une espèce d'opacité, quelque chose d'un peu vipérin, comme peut avoir Poutine».

Avec AFP

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