Nouveaux rassemblements à Paris contre la répression des manifestations en Iran
Une manifestante, le visage peint aux couleurs nationales iraniennes, participe à la Marche pour l’Iran en soutien au peuple iranien, organisée par des partisans monarchistes et des soutiens du fils du dernier shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, place Victor-Hugo à Paris, le 18 janvier 2026. ©Julien de Rosa / AFP

De nouveaux rassemblements ont eu lieu dimanche à Paris en ordre dispersé pour dénoncer la brutale répression du mouvement de contestation en Iran, qui a fait des milliers de morts, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans l’ouest de la capitale, quelques milliers de personnes ont défilé en brandissant des drapeaux de la monarchie iranienne, renversée par la révolution islamique de 1979, mais aussi des drapeaux israéliens et américains.

Sur des pancartes, on pouvait lire «Gardiens de la révolution = terroristes», «Non à l’islamisme en Iran» ou encore l'acronyme MIGA («Make Iran Great Again») lancé par Donald Trump.

Beaucoup arboraient des portraits de Reza Pahlavi, le fils du chah qui, depuis son exil aux États-Unis, se pose en figure de la contestation. La foule a également scandé «Pahlavi bar migarde!» («Pahlavi va revenir!», en farsi).

Plusieurs responsables politiques, tels que Valérie Pécresse (LR), Bruno Retailleau (LR) ou encore l'ancien Premier ministre Manuel Valls, étaient présents, tandis que des élus de gauche, comme Raphaël Glucksmann ou Alexis Corbière, avaient participé la veille à un autre défilé à l'appel d'organisations féministes et de syndicats.

Au même moment, dans le centre de Paris, une trentaine de militants vêtus de noir et d'un tissu rouge accroché sur le cœur se sont étendus, inertes, de longues minutes sur un grand drap rouge au pied de la fontaine des Innocents pour dénoncer le «massacre» en Iran.

«Le but est de parler des victimes iraniennes de cette répression, de leur rendre hommage et de garder l'opinion publique internationale alerte pour que les yeux ne se détournent pas de ce qu'il s’y passe», a expliqué à l’AFP la réalisatrice iranienne Sepideh Farsi, membre du collectif Neda d'Iran à l'origine de ce rassemblement.

Si la brutalité de la répression a entraîné un «repli» des manifestations, «le feu couve sous la cendre», et «clairement les gens vont ressortir quand ça se calmera», a-t-elle estimé.

L'Iran a été secoué durant près de trois semaines par une vague de manifestations déclenchée à Téhéran par des commerçants en colère contre le coût de la vie avant de prendre une ampleur majeure, défiant ouvertement le pouvoir.

Les autorités ont alors coupé internet, une décision visant à cacher «la brutalité» de la répression, selon des groupes de défense des droits humains.

L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, fait état d'au moins 3.428 personnes tuées, des cas vérifiés par elle-même ou via des sources indépendantes.

D'autres évaluations donnent plus de 5.000 morts, voire 20.000, selon IHR, la coupure d'internet rendant difficile le travail de vérification pour les ONG et les médias.

AFP

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