Trump propose un «Conseil de paix» concurrent de l'ONU
Le président américain Donald Trump s’exprime lors de la retraite des élus républicains de la Chambre (GOP) au Kennedy Center à Washington, le 6 janvier 2026. ©Mandel Ngan / AFP

Donald Trump veut créer un «Conseil de paix» à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l'ONU, avec un ticket d'entrée d'un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une «charte» dont l'AFP a obtenu une copie lundi.

Qu'est-ce que c'est?

La Maison Blanche avait annoncé qu'en vertu du plan pour mettre fin à la guerre à Gaza soutenu par Washington, un Conseil de paix présidé par Donald Trump serait formé.

Depuis ce week-end, plusieurs pays ont commencé à dévoiler avoir reçu une invitation pour y participer, dont la France, l'Allemagne ou le Canada. Mais aussi bien au-delà des alliés traditionnels des États-Unis, puisque le Kremlin a dit lundi que le président russe Vladimir Poutine avait été invité à «se joindre à la composition du Conseil de paix».

Mais le projet de «charte» révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.

La mission

«Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits», peut-on lire dans le préambule de ce texte envoyé aux États «invités» à y siéger.

Le texte de huit pages critique d'emblée les «approches et institutions qui ont trop souvent échoué», dans une allusion claire à l'ONU, et appelle à avoir «le courage» de s'en «écarter». Il souligne d'ailleurs «la nécessité d'une organisation de paix internationale plus agile et efficace».

Trump tout-puissant

Donald Trump sera le «premier président du Conseil de paix», dont les pouvoirs prévus sont très étendus: il est seul habilité à «inviter» d'autres chefs d'État et de gouvernement à l'intégrer et peut révoquer leur participation sauf en cas de «veto par une majorité des deux tiers des États membres».

Aussi, son mandat ressemble à une forme de présidence à vie. Il peut se «désigner un successeur» à «tout moment», et ne peut être remplacé qu'en cas de «démission volontaire» ou d'«incapacité» constatée à l'unanimité du «conseil exécutif» de l'organisation, formé à sa propre discrétion.

Si les décisions sont prises à la «majorité des États membres», qui ont chacun «une voix», elles sont aussi «soumises à l'approbation du président», ce qui confère de facto un droit de veto à Donald Trump, qui a aussi la main sur l'agenda.

Ticket d'entrée

«Chaque État membre exerce un mandat d'une durée maximale de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s'applique pas aux États membres qui versent plus d'un milliard de dollars comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l'entrée en vigueur de la Charte", ajoute le texte, sans plus de précisions.

Quels pays?

La Maison Blanche n'a pas publié la liste des pays invités. Plusieurs capitales ont fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d'invitation, sans forcément dire s'il comptait l'accepter ou non.

Moscou a ainsi dit vouloir «clarifier toutes les nuances» de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.

La France a expliqué lundi «examiner» la «charte», mais a souligné son «attachement à la Charte des Nations unies» qui «demeure la clé de voûte d'un multilatéralisme efficace, où le droit international, l'égalité souveraine des États et le règlement pacifique des différends priment sur l'arbitraire, les rapports de force et la guerre».

Le gouvernement allemand a aussi exprimé la nécessité de se «coordonner» avec ses partenaires.

Parmi les autres pays qui ont communiqué sur l'invitation à leur dirigeant figurent l'Italie, la Hongrie, l'Albanie, l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Égypte, la Jordanie, la Turquie ou encore l'Inde. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles.

Quand?

Selon la «charte» du «Conseil de paix», elle est censée «entrer en vigueur» quand seuls «trois États» l'auront signée.

AFP

 

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