Les négociations entre les Kurdes syriens et le pouvoir central se sont «totalement effondrées», a affirmé à l'AFP mardi un responsable kurde, alors que l'armée masse des renforts face aux zones autonomes kurdes dans le nord-est de la Syrie.
Le chef kurde Mazloum Abdi et le président syrien Ahmad al-Chareh se sont rencontrés lundi soir à Damas pour évoquer l'application de leur accord, proclamé la veille, sur l'intégration des institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'État.
«Les négociations qui ont eu lieu hier à Damas se sont totalement effondrées. La seule exigence (des autorités syriennes) est la reddition inconditionnelle», a déclaré Abdel Karim Omar, représentant de l'administration autonome kurde à Damas.
Il a appelé la communauté internationale à prendre en urgence «une position ferme et décisive» en faveur des Kurdes syriens.
Le président syrien, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, a annoncé dimanche un accord qui prévoit un cessez-le-feu et l'intégration des administrations civiles et militaires kurdes au sein de l'État.
L'armée syrienne s'est déployée après cette annonce dans des zones de l'est et du nord de la Syrie, notamment les provinces de Raqa et Deir Ezzor, dont les forces kurdes se sont retirées.
Les Kurdes ont établi au cours de la guerre civile (2011-2024) une zone autonome dans le nord et le nord-est de la Syrie.
Mardi, un correspondant de l'AFP à Raqa a vu un important convoi de blindés et de véhicules chargés de soldats de l'armée se diriger vers le bastion kurde de Hassaké, dans la zone autonome.
Pour leur part, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont battu le rappel «des jeunes Kurdes, hommes et femmes», en Syrie et à l'étranger, les appelant à «rejoindre les rangs de la résistance».
Dans la ville de Hassaké, capitale de la province autonome, le correspondant de l'AFP a vu des dizaines de civils, dont des femmes et des personnes âgées, portant les armes à l'appel des FDS qui ont établi des barrages et fait circuler des patrouilles.
Les Kurdes sont répartis entre quatre pays de la région : la Syrie, la Turquie, l'Irak et l'Iran.
AFP



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