Iran: le chef de la diplomatie impute à des pressions d'Israël son exclusion de Davos
Abbas Araghchi dénonce des«mensonges» et«deux poids deux mesures», accusant Israël et les Etats-Unis de manipuler la contestation. ©Ozan Kose / AFP

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a imputé lundi à des«pressions» israéliennes la décision du Forum économique mondial d'annuler sa venue prévue au sommet de Davos au vu de la répression de la contestation en Iran.

Le Forum avait indiqué lundi juger«inappropriée» la présence de M. Araghchi, invité à l'automne, au vu«de la perte tragique de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines». Le ministre devait prendre la parole mardi à Davos.

M. Araghchi a imputé sur X cette décision à des«mensonges et des pressions politiques exercées par Israël et ses mandataires(...) basés aux Etats-Unis».

Il a accusé le WEF d'appliquer«deux poids deux mesures» en invitant des représentants israéliens malgré la guerre dans la bande de Gaza, y voyant une«dépravation morale et une faillite intellectuelle».

Le président israélien, Isaac Herzog, doit s'exprimer jeudi à Davos, selon le programme du WEF.

Déclenchée le 28 décembre par des protestations contre le coût de la vie, la mobilisation en Iran a pris une ampleur majeure le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique, avant une répression violente qui, selon des ONG, a fait des milliers de morts.

M. Araghchi a aussi publié sur X une vidéo où il affirme que la mobilisation était une«opération terroriste» orchestrée par le Mossad, le service de renseignements extérieurs israélien.

Les autorités iraniennes accusent également les Etats-Unis d'avoir manipulé le mouvement.

Au moins 3.428 manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de l'ONG Iran Human Rights (IHR), dont les chiffres sont cités par l'ONU, mais d'autres estimations font état, selon elle, de plus de 5.000 morts, voire jusqu'à 20.000.

Le nombre de manifestants tués«pourrait dépasser même les estimations médiatiques les plus élevées», a affirmé lundi le directeur de IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam, dénonçant«l'un des plus grands massacres de manifestants de notre époque».

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire