Le secteur touristique dénonce l’annulation du décret autorisant la facturation en dollars
Le Syndicat des propriétaires de restaurants, cafés, discothèques et pâtisseries du Liban ©Le Syndicat des propriétaires de restaurants, cafés, discothèques et pâtisseries du Liban

Le Syndicat des propriétaires de restaurants, cafés, discothèques et pâtisseries du Liban a exprimé son profond mécontentement suite à la publication du décret nᵒ 1, qui annule le décret nᵒ 9 du 2 juin 2022, autorisant les établissements touristiques à afficher et percevoir les prix en dollars américains.

Dans un communiqué, publié vendredi, le syndicat a précisé que la mesure a été annoncée via les médias, sans consultation préalable des associations professionnelles du secteur. «Nous déplorons que la ministre du Tourisme, Laura Khazen Lahoud, ait pris cette décision sans nous consulter et sans recueillir notre avis», souligne le communiqué.

Le décret nᵒ 9 avait été adopté en juin 2022 dans un contexte de forte instabilité monétaire, permettant aux établissements touristiques de facturer et de rémunérer leurs employés en dollars américains, limitant ainsi la perte de pouvoir d’achat liée aux fluctuations de la livre libanaise. Selon le syndicat, «cette mesure avait contribué à : stabiliser la circulation de la monnaie étrangère dans le secteur, préserver les emplois et attirer des talents depuis l’étranger, assurer une transparence des prix, réduisant la confusion liée à la conversion en livre libanaise, et soutenir la reprise économique après plusieurs crises successives, notamment dans le tourisme».

Le syndicat rappelle que la «dollarisation» du secteur touristique a servi de modèle à d’autres secteurs productifs et a permis de limiter les pertes dans un contexte économique fragile. L’annulation du décret, selon eux, constitue un «acte arbitraire et précipité», risquant de fragiliser de nouveau le secteur.

Le décret nᵒ 1 permet certes au consommateur de choisir entre la livre libanaise et le dollar américain pour ses paiements, mais le syndicat souligne que ce droit existe déjà dans la pratique quotidienne des établissements. «Nous confirmons que la livre est la base de l’économie, mais pour qu’elle retrouve sa fonction, le pays doit d’abord rétablir la stabilité financière», précise le texte du communiqué.

En conclusion, le syndicat demande un retrait immédiat de ce décret et appelle à une consultation préalable avec les associations touristiques avant toute décision, afin de garantir la viabilité du secteur et de protéger l’économie nationale.

Pour rappel:  La ministre du Tourisme, Laura Khazen Lahoud, a publié, vendredi matin, un nouveau décret annulant le décret nᵒ 9 du 2 juin 2022, qui autorisait les établissements touristiques à afficher leurs prix en dollars américains. Toutes les circulaires et communications ultérieures prolongeant ce décret ont également été annulées, à compter de la date de publication du décret.

La ministre a demandé un retour au cadre légal initial, selon lequel toute modification des prix dans les établissements touristiques doit désormais être approuvée uniquement en livres libanaises par les services compétents.

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