Fin de la première session de pourparlers entre Ukrainiens, Russes et Américains à Abou Dhabi
Un drapeau émirati flotte au-dessus d'un lampadaire à Abu Dhabi, le 23 janvier 2026. ©GIUSEPPE CACACE / AFP

Les premiers pourparlers à Abou Dhabi entre négociateurs russes, ukrainiens et américains se sont achevés vendredi soir, a annoncé la présidence ukrainienne, avant de nouvelles discussions prévues pour samedi.

«Les négociations sont maintenant terminées pour aujourd’hui», a déclaré la présidence ukrainienne dans un message aux journalistes.

Le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, a de son côté expliqué sur X que la réunion avait «porté sur les paramètres permettant de mettre fin à la guerre livrée par la Russie et sur la suite logique du processus de négociation visant à progresser vers une paix digne et durable».

«D’autres réunions sont prévues pour demain», a-t-il ajouté.

Ces discussions constituent les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev sur le plan proposé par les États-Unis pour mettre fin à quatre ans de guerre.

L’un des points de blocage est le sort des territoires de l’est de l’Ukraine, la Russie demandant à l’Ukraine de retirer ses forces des quelque 30% de la région de Donetsk que celles-ci contrôlent encore.

Cette réunion à Abou Dhabi a commencé au lendemain de deux rencontres à un plus haut niveau : l’une à Davos entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue américain Donald Trump et l’autre à Moscou entre Vladimir Poutine et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

«Position américaine» 

Le dernier cycle de négociations directes entre les deux belligérants sur le règlement du conflit, déclenché par l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine en 2022, date de juillet 2025 à Istanbul. Il n'avait débouché que sur des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats.

«La question du Donbass est clé», a indiqué vendredi Volodymyr Zelensky, ajoutant que cette question sera discutée «à Abou Dhabi, demain».

En début d'après-midi, il a affirmé s'être entretenu avec son équipe de négociations sur place et avoir discuté «des sujets» à aborder «des résultats souhaités» et du possible format des pourparlers.

Un haut responsable au fait des négociations a affirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que «beaucoup de choses dépendront de la position des Américains».

À Davos la veille, le dirigeant ukrainien a tenu un discours très dur envers ses principaux soutiens politiques et financiers, disant voir une Europe «fragmentée» et «perdue» lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de «volonté politique» face à Vladimir Poutine.

Pour sa part, le gouvernement allemand a affirmé vendredi douter que la Russie fasse des compromis pour régler le conflit en Ukraine et renonce à «ses revendications maximalistes» lors des pourparlers à Abou Dhabi.

Selon Kiev, l'Ukraine est représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.

L'équipe russe est menée par le général Igor Kostioukov, le chef des renseignements militaires russes (GRU), a déclaré tôt vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.

«Mort de civils dans l'Est» 

Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, se tient également vendredi à Abou Dhabi entre M. Witkoff et l'émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a précisé Iouri Ouchakov.

À Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, une rencontre qu'il a qualifiée de «positive» mais de dialogue «pas simple».

Il a assuré être parvenu à un accord sur «les garanties de sécurité» que doivent offrir les États-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau.

Sur le terrain, les bombardements se poursuivent, tuant des civils quasiment tous les jours.

Dans la région de Donetsk, une frappe russe a fait quatre morts jeudi soir, dont un enfant de cinq ans, tandis qu'un autre tir russe a tué trois civils vendredi dans la région de Kharkiv (nord-est), ont annoncé les autorités ukrainiennes.

Sur le front énergétique, l'opérateur ukrainien Ukrenergo a annoncé avoir instauré vendredi matin des coupures d’électricité d'urgence «dans la plupart des régions».

Des centrales ayant «survécu» aux récents bombardements russes ont été arrêtées pour des «réparations d'urgence», a-t-il précisé, alors qu'elles subissent depuis des jours une «surcharge énorme» pour alimenter le pays.


AFP

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