Le Liban est-il réellement sommé de relever le niveau de ses négociations avec Israël ?
À ce stade, aucune requête officielle n’a été adressée au gouvernement libanais, y compris de la part de Washington. Toutefois, selon des sources concordantes, l’idée initialement avancée par Tom Barrack, celle d’un simple échange téléphonique entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, semble désormais évoluer vers une proposition plus ambitieuse: une rencontre tripartite, au niveau des ministres des Affaires étrangères, réunissant les États-Unis, Israël et le Liban.
Un tel scénario demeure, pour l’heure, difficile à envisager. Mais les développements en cours pourraient en faire une option sérieuse, voire une initiative audacieuse attendue du côté libanais. Rien n’indique, en effet, qu’Israël soit disposé à cesser ses opérations contre le Hezbollah tant que le Liban n’aura pas mené à bien le processus de monopole étatique des armes — et peut-être davantage encore. Ce message a été relayé à plusieurs reprises aux responsables libanais, indépendamment du mécanisme de surveillance, de la conférence de soutien à l’armée ou des démarches diplomatiques régionales et internationales actuellement engagées.
Par ailleurs, les évolutions attendues sur le dossier iranien pourraient rendre une telle initiative plus plausible, dans un contexte marqué par un recul de l’influence de l’«axe iranien» sur la scène régionale, et plus particulièrement au Liban. Ce qui semble désormais exigé du Liban ne se limite plus à un simple accord sécuritaire: il s’agirait d’un accord à caractère politique avec Israël, intégrant des clauses sécuritaires dans son architecture globale.
Le Hezbollah, conscient de cette réalité, refuse toute capitulation sans contrepartie. En effet, la formation pro-iranienne cherche à offrir à sa base ne serait-ce qu’une victoire symbolique ou, à défaut, une compensation face aux lourdes pertes morales et matérielles subies. Les pressions visant à remodeler le système politique libanais, en échangeant le désarmement contre un renforcement de son emprise sur les centres de décision de l’État, s’inscrivent dans cette optique.
Des cercles gravitant autour du Hezbollah s’emploient d’ailleurs à promouvoir cette option, au détriment des prérogatives et des équilibres chrétiens au sein du système. La campagne visant le président de la République, assortie du discours alarmiste agitant le spectre d’un conflit interne et d’un chaos généralisé, s’inscrit clairement dans cette stratégie de pression destinée à arracher une concession jugée inacceptable. Une démarche qui, à ce stade, ne bénéficie d’aucune couverture politique, que ce soit au niveau local, régional, ou international.




Commentaires