Laurent Lafitte se dédouble à l’écran dans Alter Ego, la nouvelle comédie décalée de Nicolas et Bruno, en compétition au festival de comédie de l’Alpe d’Huez. L’acteur de 53 ans y incarne à la fois Alex, quinquagénaire dégarni, et son sosie chevelu à qui tout réussit, dans un film qui mêle humour et réflexion sur l’envie, la comparaison sociale et la mise en scène de nos vies à l’ère des réseaux sociaux. Après une riche période au cinéma et au théâtre, Lafitte confie à l’AFP son plaisir à relever ce double rôle inédit tout en restant «toujours connecté à lui-même».
L'acteur Laurent Lafitte, qui se dédouble pour incarner un homme et son sosie dans le film Alter Ego, en compétition au festival de comédie de l'Alpe d'Huez (Isère), confie à l'AFP se sentir «gâté» dans son métier où il a été omniprésent ces derniers mois.
Dans cette comédie décalée du duo de réalisateurs Nicolas et Bruno attendue en salles en mars, le comédien de 53 ans incarne Alex, un quinquagénaire dégarni dont la vie bascule avec l'arrivée d'un nouveau voisin, Axel, également campé par Lafitte, son sosie parfait et chevelu à qui tout semble réussir.
«Je n'avais jamais reçu un scénario où je pouvais jouer deux personnages. Ça, c'est assez rare», confie-t-il lors d'un entretien à l'AFP à l'Alpe d'Huez, expliquant être surtout «attiré par les bons rôles et les bons metteurs en scène, quel que soit le genre».
Le postulat absurde d'Alter Ego repose sur la performance de l'acteur, déjà trois fois nominé dans la catégorie meilleur acteur dans un second rôle aux César, Elle (2017), Au revoir là-haut (2018), Le comte de Monte-Cristo (2024), crédible ici dans ces deux personnages opposés.
«Je crois qu'il n'y a qu'un grand acteur comme Laurent Lafitte pour pouvoir relever ce défi, et s'amuser avec», estime le co-réalisateur Nicolas Charlet, interrogé par l'AFP.
Le comédien, maître de cérémonie au dernier festival de Cannes, assure ne pas se comparer aux autres acteurs. «Je n'ai pas l'impression que ce qui arrive aux autres est quelque chose qu'on m'enlève à moi, parce que je suis suffisamment gâté dans ce métier», dit-il.
Si son personnage est double, l'un tentant même par moments de ressembler à l'autre, Lafitte assure ne jamais avoir l'impression de se «dédoubler» ou de «rentrer dans la peau d'un personnage».
«Toujours connecté à moi-même»
«J'ai plutôt l'impression que c'est le personnage qui va devenir un peu moi. (...) Je ne me perds jamais dans mes personnages. Je suis toujours connecté à moi-même», affirme-t-il.
«Le film parle beaucoup aussi de l'époque dans laquelle on vit. On est tout le temps poussé à se comparer, tout le temps poussé à mettre en scène nos propres existences pour qu'elles donnent envie, pour qu'elles créent du désir, voire de la jalousie», juge l’acteur, très discret sur sa vie privée et absent des réseaux sociaux qui changent un peu «le rapport à l'autre dans la vraie vie».
Sous la direction de Nicolas et Bruno (La personne aux deux personnes, 2008), une première, il a dit s'être senti «porté». «Je me sens regardé avec bienveillance. Du coup, j'ose faire plein de choses», dit-il.
Révélé au grand écran en 2010 avec le succès des Petits Mouchoirs de Guillaume Canet, Laurent Lafitte a multiplié les apparitions ces dernières années, campant cet hiver Zaza, reine de la nuit, perchée sur talons hauts dans la comédie musicale La Cage aux folles au Théâtre du Châtelet, après avoir incarné l’un des grands protagonistes du film Le Comte de Monte-Cristo en 2024 ou Bernard Tapie dans une série Netflix en 2023.
Pour les besoins d'Alter Ego, Lafitte, ancien de la Comédie-Française (2012 à 2024), s'est rasé le haut du crâne pour adopter la calvitie de son personnage.
«Quand on lui a présenté le projet du film (...) on est venu avec une photo, un photomontage de lui, chauve, vraiment moche. Et il nous a dit: Il est hors de question que je ne fasse pas ce film», s'amuse Nicolas Charlet.
Pour l'acteur, le rôle d'Alex a été le «plus sympa à jouer parce que c'est lui qui se retrouve dans la tourmente. Et ça, c'est toujours intéressant, les personnages qui se retrouvent embarqués dans une espèce de paranoïa complètement auto-destructrice».
L'acteur, qui pourrait encore être nominé aux César pour sa performance exubérante dans La Femme la plus riche du monde, doit tourner cette année un film original pour Netflix avec Tristan Seguela aux côtés d'Anthony Bajon et espère avoir le temps de se concentrer ensuite sur la réalisation de son second long-métrage.
Par Manon BILLING / AFP



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