La semaine de la haute couture s’est ouverte lundi à Paris avec les débuts très attendus de Jonathan Anderson chez Dior. Dans les jardins du musée Rodin, le créateur nord-irlandais a présenté sa première collection couture, une proposition florale et sculpturale rendant hommage à la nature et aux savoir-faire de la maison. Ce défilé inaugural donne le ton de quatre jours de présentations, marquées notamment par la première collection haute couture de Matthieu Blazy pour Chanel et les shows de 28 maisons au total.
Un jardin d'Éden de luxe: Jonathan Anderson a lancé lundi à Paris la semaine de la haute couture avec une première collection florale pour Dior, entre célébration de la nature et hommage aux savoir‑faire.
Le show, organisé au cœur d'une structure éphémère installée dans les jardins du musée Rodin, était l'un des moments les plus attendus de ces quatre jours de défilés, avec les débuts en haute couture de Matthieu Blazy chez Chanel mardi.
«En imitant la nature, on apprend toujours quelque chose», annonçait la note d'intention du défilé.
Cette première proposition haute couture se veut ainsi pensée comme un «cabinet de curiosités» où pièces d'exception et merveilles naturelles «sont rassemblées et recontextualisées».
Sous un plafond recouvert de fleurs, Jonathan Anderson a livré une vision bucolique aux silhouettes fleuries, à la fois sculpturales et aériennes, où des robes bouffantes aux plissés twistés côtoient des robes courtes à volants et des jupes longues aux drapés asymétriques semblant retenir un plateau posé en équilibre.
Le Nord-Irlandais de 41 ans revisite une nouvelle fois l'emblématique veste Bar, à la taille très cintrée, transformée en manteau long en laine, en cuir crocodile ou en queue‑de‑pie, tandis que la maille se fait omniprésente, du pull‑robe à jupe patineuse aux modèles finement travaillés, dotés d’une haute boule et d'une jupe fluide toute en transparence.
Les mannequins défilent avec de petits bouquets de cyclamens roses en guise de boucles d'oreilles, les mêmes que ceux adressés aux invités, et parfois une longue frange rose ou violette.
Le défilé s'est achevé par la traditionnelle robe de mariée blanche au bustier asymétrique twisté et au jupon drapé et rebrodé de fleurs blanches.
Cette entrée remarquée dans la couture a attiré un parterre de personnalités, de Rihanna à Jennifer Lawrence, en passant par son prédécesseur John Galliano et Brigitte Macron.
Aristo-punk
Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison-phare de LVMH.
Après une première collection homme saluée en juin et une ligne femme accueillie en octobre de façon plus mesurée, le styliste a présenté mercredi à Paris un deuxième vestiaire masculin plus extravagant.
Entre tops à sequins, manteaux-capes inspirés des imprimés de Paul Poiret, vestes Bar en pied-de-poule et chaussures à motifs lézard, le tout surmonté de perruques jaune acide, le couturier a livré une ligne aristo-punk plus fidèle à son esprit subversif que la précédente qui n'a pas manqué de faire réagir.
Blazy très attendu
L'attente est également très forte chez Chanel, où Matthieu Blazy présentera mardi au Grand Palais sa toute première collection haute couture.
Le Franco-Belge de 41 ans, arrivé en décembre 2024 après son passage remarqué chez Bottega Veneta (Kering), avait impressionné dès octobre avec une première collection prêt-à-porter féminin encensée.
Il a également démontré sa maîtrise des savoir-faire de la maison lors du défilé Métiers d'art présenté en décembre à New York, un show marquant organisé dans le métro.
Jusqu'à jeudi, 28 maisons présentent leurs créations dans le cadre de la semaine de la haute couture.
Comme à son habitude, la maison italienne Schiaparelli a ouvert lundi matin le bal avec une collection sculpturale très animalière, où ailes et queue de scorpions complètent des silhouettes glamour, sous le regard de personnalités comme Jeff Bezos et son épouse Lauren Sánchez ou l'actrice Demi Moore.
Chez Georges Hobeika, la femme se fait bijou, des têtes couvertes de diadèmes aux traînes chamarrées. Des perles géantes sont suspendues aux robes fourreaux, des diamants couvrent les lourds drapés et les voiles bouffants. Les parures se confondent avec les corps, dans cette collection baptisée «Amour».
L'écru domine le vestiaire du créateur libanais, associé à son fils Jad, qui ont donné à voir leurs modèles dans la cathédrale américaine de Paris, alliant solennité et mystique.
Par Marine DO-VALE / AFP
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