Budget 2026: la première session de débat achevée
Le président de la commission des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan. ©Al Markazia

Le Parlement libanais a achevé mardi en fin de matinée la première séance de discussion générale sur le projet de budget de l’État pour l’année 2026. Le chef du Parlement, Nabih Berry a levé la séance qui devrait reprendre à 18h.
Ouverte à 11h00 et tenue en présence du Premier ministre Nawaf Salam et des ministres, la séance inaugurale s’inscrit dans un débat appelé à s’étendre sur trois jours en vue d’un vote final du texte. Le quorum requis – la moitié des députés – a été atteint, permettant l’ouverture formelle de la séance.

Le projet de loi de finances, transmis par le gouvernement après son adoption en Conseil des ministres, est examiné dans sa version amendée par la commission des Finances et du Budget, qui y a travaillé pendant près de trois mois. Le député Ibrahim Kanaan, président de la commission, a défendu devant l’hémicycle le travail accompli par celle-ci, tout en critiquant la vision économique globale portée par l’exécutif. Les premières interventions ont mis en lumière des critiques transversales sur l’orientation du budget, sa cohérence interne et son adéquation avec la crise économique et sociale que traverse le pays.

Une séance d’ouverture dominée par les réserves sur la cohérence du budget

Dans son rapport introductif, Ibrahim Kanaan a dressé un constat sévère du projet de budget tel que remanié par la commission. Il a pointé l’absence de vision économique et sociale claire, la faiblesse des crédits d’investissement et l’insuffisance des dotations allouées aux organismes de contrôle. Il a également souligné le caractère incomplet du projet, certaines dépenses et prêts n’y étant pas intégrés, et a critiqué ce qu’il a qualifié d’«improvisation» dans la création ou la modification de taxes, de redevances et de pénalités.

Kanaan a relevé l’incohérence liée à l’utilisation de plusieurs taux de change dans le calcul des recettes et des dépenses, notant que les salaires et indemnités sont encore évalués sur la base d’un taux de 1.500 livres pour un dollar, tandis que la plupart des recettes fiscales sont estimées sur des taux bien plus élevés. Il a également rappelé que l’État libanais ne dispose pas de comptes financiers définitifs audités et approuvés par la Cour des comptes depuis des décennies, dénonçant une situation contraire aux principes constitutionnels. À l’issue de ses travaux, la commission a procédé à des modifications substantielles du texte initial, portant sur 27 articles, en a supprimé sept, en a modifié vingt et a ajouté treize nouveaux articles, portant le total à 55 articles.

Le vice-président de la Chambre, Elias Bou Saab, est intervenu pour souligner que, depuis le début de la crise financière, ni le contrôle des capitaux ni la restructuration du secteur bancaire n’ont été mis en œuvre, et que la dette publique et le gap financier n’ont jamais été pleinement reconnues. Il a estimé que l’ensemble du système politique porte une responsabilité collective dans cette situation depuis six ans. Il a également appelé à rendre justice aux manifestants rassemblés dans les environs du Parlement, en particulier aux militaires retraités.

De son côté, le président de la commission de l’Administration et de la Justice, Georges Adwan, a averti qu’adopter un budget sans «compte de gestion» définitivement approuvé constituerait, selon lui, une violation de la Constitution. Il a précisé que son bloc parlementaire ne l’accepterait pas dans ces conditions. Il a également estimé que toute mise sur des organisations en dehors de l’État est «hors de propos», affirmant que le pays se trouve à à la croisée des chemins entre l’intégration dans un cadre étatique effectif et l’aggravation de ses difficultés actuelles et futures. Il a enfin appelé à rétablir la confiance des citoyens, notamment à travers la restitution des dépôts bancaires.

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