Après une année où le marché du luxe a marqué le pas, LVMH publie mardi ses résultats 2025, scrutés par le monde de la mode, de la Haute Couture et des affaires. La maison Dior se réinvente sous la houlette de Jonathan Anderson, Louis Vuitton rayonne à Shanghai, tandis que Moët-Hennessy peine à redresser ses ventes. Pour 2026, les experts parient sur un retour en force du groupe, porté par la reprise des marchés américain et chinois et par la créativité renouvelée de ses maisons emblématiques.
Le numéro un mondial du luxe ouvre mardi la saison de publication des résultats annuels 2025 du CAC 40 après une nouvelle année de ralentissement du marché du luxe, mais les analystes entrevoient une embellie pour 2026.
Nouvelles collections chez Dior (deuxième marque par ordre d'importance du groupe) avec l'arrivée de Jonathan Anderson, lancement d'un impressionnant magasin Louis Vuitton (marque phare de LVMH) à Shanghai, baisse des ventes d'alcool chez Moët-Hennessy… les résultats du numéro un mondial du luxe sont guettés.
Lors de la publication des ventes du troisième trimestre, LVMH avait affirmé entrevoir «des améliorations de tendances». Sur les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires était en recul de 4%, à 58,1 milliards d'euros.
La directrice financière du groupe, Cécile Cabanis, avait prévenu que «le quatrième trimestre serait plus difficile».
Selon le consensus d'analystes de Bloomberg, le chiffre d'affaires de LVMH en 2025 atteindrait 80,7 milliards d'euros, contre 84,7 milliards d'euros un an plus tôt.
La banque HSBC, dans une note publiée en novembre, ne tablait «que» sur une baisse de 3% au quatrième trimestre (hors effets de change) des ventes de «la division clé la plus rentable, la mode et la maroquinerie» (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi…). Sur les neuf premiers mois, le chiffre d'affaires de la division avait baissé de 6%.
Cette amélioration viendrait selon HSBC de «l'enthousiasme des consommateurs à l'approche de la refonte créative de Dior et, plus encore, (de) l'excellente dynamique de Louis Vuitton, en particulier en Asie».
«L'espoir que le pire soit passé»
Selon une enquête de la banque UBS, les consommateurs chinois sont à nouveau sur une trajectoire positive, avec des ventes attendues en hausse de 6% en 2026, contre un recul de 5% en 2025.
La division des vins et spiritueux (Moët, Hennessy, Cheval Blanc, Ruinart...) dont les ventes connaissent depuis un certain temps des vents contraires, pourrait avoir plus de mal à redémarrer, notamment à cause des taxes douanières et de la baisse de consommation chez les jeunes.
Avec à la tête de Moët-Hennessy, Jean-Jacques Guiony, ancien directeur financier de LVMH, et Alexandre Arnault, un des fils du PDG de LVMH Bernard Arnault, «nous pensons que l'année prochaine sera encore consacrée à la restructuration d'une activité ayant perdu en efficacité», souligne HSBC.
En 2026, le numéro un mondial du luxe pourrait bénéficier d'une reprise du marché du luxe, estiment les analystes.
La banque UBS déclare «aborder 2026 avec l'espoir que le pire soit passé» et HSBC se dit «convaincu que 2026 démarrera en force grâce à des offres plus attractives proposées par les marques et à une reprise des ventes, principalement tirée par les États-Unis et la Grande Chine».
Concernant LVMH, HSBC souligne «des signes d'amélioration chez Louis Vuitton» et pense que «2026 devrait être l'année d'un retour en force notable de Dior».
Fin octobre, Delphine Arnault, PDG de Dior, s'est dite «très optimiste» pour l'avenir de cette maison de luxe. «Il ne faut pas se focaliser sur le court terme», a-t-elle précisé, «ne pas penser au trimestre suivant, mais avoir au contraire une perspective à dix ou vingt ans».
Les analystes de HSBC apprécient également «la nouvelle rigueur en matière de coûts» au sein du groupe LVMH et pensent «que les cessions d'actifs pourraient être la cerise sur le gâteau».
Mi-janvier, LVMH a annoncé la vente de ses activités Duty Free Shops (DFS) en Chine.
Avec AFP


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