Les États-Unis ont annoncé le lancement prochain d’exercices aériens militaires de plusieurs jours au Moyen-Orient, alors que Washington renforce visiblement sa présence militaire dans la région dans un contexte de fortes tensions avec l’Iran. Ces manœuvres interviennent alors que le président américain Donald Trump évoque l’envoi d’une nouvelle «armada» navale à proximité des côtes iraniennes.
Selon un communiqué de l’US Central Command (CENTCOM), ces exercices visent à démontrer la capacité des forces aériennes américaines et de leurs partenaires à «se disperser, opérer et générer des sorties de combat dans des conditions exigeantes, avec sécurité, précision et coordination». Le général Derek France, commandant de l’Air Forces Central (AFCENT), a souligné que ces opérations permettront de tester la réactivité et la flexibilité des forces déployées dans la zone. «Lors de cet exercice, les forces américaines déploieront des équipes sur plusieurs sites de contingence afin de valider les procédures de mise en place rapide, de lancement et de récupération des appareils, avec des dispositifs de soutien réduits et efficaces. L’AFCENT mènera l’ensemble des activités avec l’accord des pays hôtes et en étroite coordination avec les autorités de l’aviation civile et militaire, en mettant l’accent sur la sécurité, la précision et le respect de la souveraineté.»
U.S. Air Forces Central will be conducting a multi-day readiness exercise to demonstrate the ability to deploy, disperse, and sustain combat airpower across the U.S. Central Command area of responsibility.
— U.S. Central Command (@CENTCOM) January 27, 2026
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Les autorités américaines n’ont toutefois pas précisé la localisation exacte des exercices, leur durée ni la liste complète des moyens engagés.
Une démonstration de force navale menée par l’USS Abraham Lincoln
Cette annonce intervient alors que le groupe aéronaval américain centré autour du porte-avions à propulsion nucléaire USS Abraham Lincoln est désormais opérationnel dans la région, selon une communication officielle de CENTCOM publiée lundi. Le bâtiment est accompagné de plusieurs destroyers lance-missiles chargés de sa protection, ainsi que de dizaines d’avions de combat et de près de 5.000 marins à son bord.
Des images diffusées par la marine américaine et l’agence Associated Press (AP) montrent notamment des marins préparant un avion de guerre électronique Boeing EA-18G Growler sur le pont du porte-avions, alors qu’il naviguait dans l’océan Indien le 21 janvier 2026.
D’après le Washington Post, les États-Unis ont également déployé une escadrille de chasseurs F-15E Strike Eagle, issus d’une unité ayant déjà participé à des frappes contre l’Iran en 2024. Le Royaume-Uni aurait, de son côté, positionné des avions Typhoon dans un cadre qualifié de «défensif».
Trump évoque une nouvelle « armada » et maintient la pression
Le président Donald Trump a confirmé cette montée en puissance militaire dans plusieurs déclarations publiques. «Il y a beaucoup de navires qui vont dans cette direction, juste au cas où», a-t-il déclaré vendredi, tout en affirmant espérer éviter une escalade militaire. Mardi, lors d’un discours, relayé par Al Arabiya il a ajouté : «Il y a une autre belle armada qui flotte magnifiquement vers l’Iran en ce moment. J’espère qu’ils feront un accord.»
Selon des sources citées par CNN, aucune décision finale n’a encore été prise concernant une éventuelle action militaire contre l’Iran, et le président américain continue d’examiner ses options. L’administration américaine a par ailleurs réaffirmé être ouverte à des discussions avec Téhéran, à condition que «les termes soient clairs».
Une crise politique et humanitaire majeure en Iran
Ces développements militaires surviennent dans un contexte de profonde instabilité en Iran, où le régime fait face à une vague de manifestations sans précédent depuis la dévaluation brutale de la monnaie nationale en décembre. La répression des protestations a été particulièrement violente.
Selon l’ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 5.800 manifestants auraient été tués, tandis que 17.091 décès supplémentaires feraient encore l’objet de vérifications. Ces chiffres n’ont pas pu être confirmés de manière indépendante, mais les autorités iraniennes ont reconnu la mort de plus de 3.100 personnes. D’autres groupes de défense des droits humains avancent un bilan pouvant dépasser 30.000 morts, bien que le blackout d’Internet et la censure rendent toute estimation extrêmement difficile, comme le souligne The Guardian.
Téhéran hausse le ton et affiche sa détermination
De son côté, l’Iran a vivement réagi à ce déploiement américain. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a affirmé que l’arrivée de navires de guerre américains «n’affecte en rien la détermination défensive de l’Iran»». Il a averti que toute attaque serait suivie d’une réponse susceptible de ««déstabiliser l’ensemble du Moyen-Orient»».
««Nos forces armées surveillent chaque développement et ne perdent pas une seule seconde pour renforcer leurs capacités»», a-t-il déclaré à la presse.
Des alliés prudents et des équilibres régionaux fragiles
Si CENTCOM insiste sur le caractère défensif et coordonné de ses opérations, certains alliés régionaux se montrent réticents. Les Émirats arabes unis ont ainsi déclaré qu’ils n’autoriseraient ni l’utilisation de leur espace aérien ni de leurs eaux territoriales pour une attaque contre l’Iran, affirmant leur volonté de rester neutres et de préserver la stabilité régionale.
Donald Trump continue d’affirmer croire à une issue diplomatique. «Ils veulent parler. Ils ont appelé à plusieurs reprises», a-t-il confié récemment, tout en soulignant que la présence militaire américaine vise avant tout à dissuader toute nouvelle escalade.



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