Turquie: le chef de la diplomatie iranienne à Istanbul pour apaiser la tension
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan (à gauche), et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, tiennent une conférence de presse conjointe à Téhéran le 30 novembre 2025. ©Atta Kenare / AFP

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi est arrivé vendredi matin à Istanbul pour y rencontrer son homologue turc Hakan Fidan, soucieux d’éviter une attaque américaine sur l’Iran voisin qui déstabiliserait la région.

M. Araghchi, dont c’est la première visite officielle à l’étranger depuis la vague de protestation en Iran, réprimée dans le sang, doit s’exprimer devant la presse à 13H45 locales (10H45 GMT) au côté de M. Fidan.

Sa venue en Turquie s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu pour le pouvoir iranien, avec une armada américaine déployée dans le Golfe et l’inscription jeudi par l’Union européenne des Gardiens de la révolution, son bras armé, sur la liste des organisations terroristes.

La Turquie, par ailleurs membre de l’Otan, souhaite à tout prix éviter une escalade militaire à ses portes, qui risquerait de jeter des milliers de migrants par-delà les plus de 550 km de frontière qu’elle partage avec l’Iran et créerait un nouveau conflit à ses portes, après la Syrie.

Selon la presse turque, le président Recep Tayyip Erdogan pousse de son côté pour l’organisation d’une réunion trilatérale États-Unis/Iran/Turquie.

L’Union européenne (UE) a ainsi rejoint les États-Unis, l’Australie ou le Canada.

Donald Trump a dit «espérer ne pas devoir utiliser cette force» navale que Téhéran menace en retour de frapper «instantanément» ainsi que les bases américaines dans la région.

Par précaution, la Turquie se prépare à «renforcer la sécurité à sa frontière» avec l’Iran, a confié à l’AFP un haut responsable turc.

La Turquie a déjà érigé un mur long de 380 km à cette frontière «mais ce n’est pas suffisant», a-t-il estimé.

Cet ouvrage, qui coupe des régions montagneuses et fortement enneigées en hiver, a été érigé afin de contenir les passages d’immigrants illégaux en provenance d’Iran et d’Afghanistan notamment mais aussi les trafics de stupéfiants.

Surmonté de barbelés et de miradors, ce mur est doublé de tranchées où l’armée patrouille 24 heures sur 24.

 

AFP

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