Le Trésor américain a annoncé vendredi une nouvelle série de sanctions visant de hauts responsables iraniens accusés de répression violente contre les manifestants ainsi que des réseaux financiers liés aux Gardiens de la révolution.
Le bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor (Ofac), a notamment placé sur liste noire le ministre iranien de l’Intérieur Eskandar Momeni Kalagari, qu’il tient pour responsable des actions meurtrières des forces de sécurité contre des protestataires pacifiques.
Plusieurs commandants des Gardiens de la révolution islamique iranienne sont également visés, dont Majid Khademi, accusé d’avoir supervisé une campagne nationale de violences, d’arrestations arbitraires et d’intimidations pour étouffer la contestation.
Pour la première fois, deux plateformes d’échange d’actifs numériques, Zedcex Exchange Ltd et Zedxion Exchange Ltd, ont été sanctionnées pour avoir traité d’importants flux financiers liés à des portefeuilles associés au corps des Gardiens de la révolution. Le Trésor accuse ces structures d’aider Téhéran à contourner les sanctions via les cryptomonnaies.
Washington cible aussi l’homme d’affaires Babak Morteza Zanjani, déjà condamné en Iran pour détournement massif de fonds pétroliers et désormais soupçonné de financer des projets bénéficiant aux Gardiens de la révolution.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a affirmé que les autorités américaines continueraient de frapper «les réseaux financiers corrompus qui s’enrichissent aux dépens du peuple iranien», accusant le régime de détourner les revenus pétroliers au profit de programmes militaires et de groupes armés alliés.
Ces mesures s’inscrivent dans la campagne de «pression économique maximale» relancée par le président Donald Trump, qui vise les secteurs financier, pétrolier et pétrochimique iraniens ainsi que les mécanismes de blanchiment et d’évasion des sanctions.
Concrètement, tous les avoirs des personnes et entités visées aux États-Unis sont gelés et toute transaction avec des acteurs américains est interdite. Les autorités préviennent également que toute institution financière étrangère coopérant avec ces réseaux s’expose à des sanctions secondaires.
Soutien à la liberté d’internet en Iran
Les États-Unis affirment soutenir le peuple iranien dans ses manifestations contre le régime jugé corrompu et répressif à Téhéran. Alors que la répression violente et les coupures d’internet se poursuivent, le département du Trésor rappelle l’existence d’une licence générale de longue date, connue sous le nom de GL D-2, qui facilite l’accès des Iraniens à internet et aux outils de communication, conformément à la réglementation fédérale américaine.
Washington indique qu’il continuera d’accélérer le traitement des demandes d’autorisation et, si nécessaire, d’accorder des licences spécifiques afin de maintenir et d’élargir les moyens de communication de la population iranienne avec le reste du monde.



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