Guterres met en garde contre un «effondrement financier imminent» de l'ONU
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, arrive pour prononcer un discours lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, le 23 janvier 2020. ©FABRICE COFFRINI / AFP

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde vendredi contre un «effondrement financier imminent» de l'organisation, dans un courrier aux Etats membres consulté par l'AFP.

L'institution a «déjà surmonté» des périodes délicates sur le plan financier, «mais la situation actuelle est radicalement différente», estime M. Guterres.

En cause, les «décisions» de pays qu'il ne cite pas «de ne pas honorer des contributions obligatoires finançant une part significative du budget ordinaire approuvé».

Hostiles au multilatéralisme défendu par les Nations unies, les Etats-Unis, notamment, ont ces derniers mois refusé d'honorer ou retardé certains payements obligatoires et réduit leurs financements à certaines agences onusiennes.

Le président américain, Donald Trump, a par ailleurs lancé en janvier son «Conseil de paix» destiné, selon ses détracteurs, à devenir une organisation rivale de l'ONU.

Bien que plus de 150 Etats membres aient versé leur dû, les Nations unies ont terminé l'année 2025 avec 1,6 milliard de dollars de cotisations impayées, soit plus du double de 2024.

Et l'institution est confrontée à un «problème connexe» affectant plus encore sa trésorerie: elle doit rembourser aux Etats membres les dépenses non engagées, a expliqué lors d'un point presse Farhan Haq, l'un des porte-parole du chef de l'organisation.

«Nous sommes pris dans un cycle kafkaïen: on attend de nous que nous rendions de l'argent qui n'existe pas», a commenté M. Guterres.

Ces trous obligent régulièrement l'organisation à geler des embauches, retarder des payements ou couper dans ses missions.

Mais, pour le chef de l'ONU, ce n'est plus suffisant.

Il craint de ne pas pouvoir «exécuter intégralement le budget-programme 2026 approuvé en décembre». «Pire encore, (...) les liquidités du budget ordinaire pourraient être épuisées dès le mois de juillet», estime-t-il.

Antonio Guterres appelle en conséquence ses Etats membres à «honorer pleinement et dans les délais leurs obligations de payement» ou à «revoir en profondeur (les) règles financières» de l'organisation.



AFP

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