Iran : les forces armées en état d’alerte maximale
Photo transmise par le service de presse de l’armée iranienne le 23 juin 2025 montrant le nouveau chef de l’armée, Amir Hatami, lors d’une réunion dans la salle de commandement des opérations de l’armée iranienne. ©Iranian Army Media Office / AFP

Le chef de l’armée iranienne, Amir Hatami, a mis en garde samedi les États-Unis et Israël contre toute attaque, affirmant que les forces de son pays étaient placées en alerte maximale après d’importants déploiements militaires américains dans le Golfe.

Il a également insisté sur le fait que l’expertise nucléaire de la République islamique ne pouvait être éliminée, alors que le président américain Donald Trump a déclaré s’attendre à ce que Téhéran cherche à conclure un accord afin d’éviter des frappes américaines.

«Si l’ennemi commet une erreur, cela mettra sans aucun doute en danger sa propre sécurité, celle de la région et celle du régime sioniste», a déclaré M. Hatami, cité par l’agence de presse officielle Irna. Il a précisé que les forces armées iraniennes étaient «en état de préparation défensive et militaire totale».

Washington a envoyé au Moyen-Orient un groupe aéronaval conduit par le porte-avions USS Abraham Lincoln, tandis que Donald Trump a menacé d’une intervention militaire après une répression meurtrière menée par les autorités iraniennes contre deux semaines de manifestations antigouvernementales.

Ce déploiement a ravivé les craintes d’une confrontation directe avec l’Iran, qui a averti qu’il répondrait par des frappes de missiles contre des bases, des navires et des alliés américains notamment Israël, en cas d’attaque.

Vendredi, Donald Trump a estimé que l’Iran chercherait à négocier un accord sur ses programmes nucléaire et balistique plutôt que de faire face à une action militaire américaine. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré plus tôt que Téhéran était prêt à des discussions sur le nucléaire, mais que ses missiles et sa défense «ne seraient jamais négociés».

«Ne peut être éliminée»

Les États-Unis ont mené en juin des frappes contre des sites nucléaires iraniens clés, lorsqu’ils se sont brièvement joints à la guerre de 12 jours menée par Israël contre son rival régional. Des attaques israéliennes ont également visé des sites militaires à travers le pays, tuant de hauts gradés et des scientifiques nucléaires de premier plan.

Mais M. Hatami a affirmé samedi que la technologie nucléaire iranienne «ne peut être éliminée, même si des scientifiques et les fils de cette nation tombent en martyrs».

Vendredi, le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) mènerait «un exercice naval de tirs réels de deux jours» dans le détroit d’Ormuz, un point de passage clé pour l’approvisionnement énergétique mondial. Le CENTCOM a mis en garde le CGRI contre « tout comportement dangereux ou non professionnel » à proximité des forces américaines.

Les États-Unis ont classé le CGRI comme organisation terroriste en 2019, une décision suivie jeudi par l’Union européenne, provoquant de vives réactions de Téhéran, qui a promis des mesures de rétorsion.

Répression meurtrière

Des manifestations contre la hausse du coût de la vie ont éclaté à travers l’Iran le 28 décembre, avant de se transformer en un mouvement antigouvernemental plus large, culminant les 8 et 9 janvier.

Les autorités iraniennes affirment que les protestations ont débuté pacifiquement avant de dégénérer en «émeutes» marquées par des meurtres et des actes de vandalisme, accusant les États-Unis et Israël d’avoir attisé les troubles dans le cadre d’une «opération terroriste».

Le bilan officiel fait état de 3 117 morts, tandis que l’ONG basée aux États-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA) affirme avoir confirmé 6 563 décès, dont 6 170 manifestants et 124 enfants. Les manifestations se sont depuis apaisées.

Samedi, le président iranien Masoud Pezeshkian a appelé son gouvernement à prendre en compte les revendications de la population. «Nous devons travailler avec le peuple et pour le peuple», a-t-il déclaré dans un discours retransmis par la télévision d’État.

Le même jour, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, s’est rendu au mausolée de Ruhollah Khomeini, fondateur de la République islamique, dans le sud de Téhéran, à l’occasion des célébrations marquant le 47ᵉ anniversaire de la Révolution islamique de 1979.

AFP

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