Les Bourses de Tokyo et Séoul se reprennent vigoureusement mardi à l’unisson d’une reprise en fanfare de l’or et de l’argent, dans des marchés rassurés par Wall Street et des chiffres sur l’industrie américaine, tandis que la Bourse indienne savourait l’accord commercial annoncé par Washington.
L’or retrouve son éclat
Après plusieurs séances de dégringolade, les métaux précieux ont fini mardi par inverser la tendance: vers 04h00 GMT, l’or rebondissait de 3,37% à 4 818 dollars l’once, et l’argent flambait de 5,27% à 83,39 dollars l’once.
En dépit de la récente pause après des mois d’envolée nourrie par la spéculation, les perspectives du métal jaune restent confortées par la persistance d’incertitudes géopolitiques, économiques et financières.
«Les marchés de l’argent et de l’or restent quelque peu imprévisibles. Après une telle chute, des cicatrices subsistent et il faudra du temps pour que le marché retrouve sa confiance, une fois que les positions auront été entièrement débouclées et la fin des liquidations», observe Chris Weston, du courtier Pepperstone.
La demande chinoise, potentiellement stimulée par la récente baisse des cours, est scrutée attentivement.
De son côté, le bitcoin se stabilisait (+0,16%) à 78 576 dollars, après plusieurs séances de plongeon.
Le marché pétrolier, lui, reculait légèrement: le baril de WTI nord-américain (-0,32% à 61,94 dollars) et celui de Brent de la mer du Nord (-0,39% à 66,05 dollars) s’inclinaient.
Rebond vigoureux de Séoul et Tokyo
Le rebond de l’or et de l’argent entraînait les Bourses asiatiques dans leur sillage.
À Tokyo vers 04h00, l’indice vedette Nikkei prenait 3,53% à 54 509 points — il avait lâché 1,25% lundi. L’indice élargi Topix gagnait 2,78% à 3 634 points.
À la Bourse de Séoul, l’indice boursier Kospi flambait de 5,22%, après s’être effondré de 5,3% la veille. Taipei gagnait 1,16%, Sydney 0,77% et l’indice hongkongais Hang Seng 0,24%.
«La baisse d’hier à Séoul n’était pas liée aux fondamentaux des secteurs de l’intelligence artificielle (IA) et des semi-conducteurs», poids lourds de la cote, «mais s’expliquait par la forte chute des actifs sensibles à la liquidité, tels que l’or et l’argent», explique Chung Hae-chang, analyste chez Daishin Securities.
La dégringolade ces derniers jours des cours des métaux précieux, après des mois d’envolée à des niveaux records, a affolé les investisseurs et alimenté une aversion pour les actifs à risque, dont les Bourses.
«Lorsque des appels de marge se produisent d’un côté, les investisseurs ajustent souvent leurs garanties, ce qui peut également déclencher des mouvements sur d’autres actifs. Le rebond d’aujourd’hui semble être un simple repli après ce mouvement», décrypte Chung Hae-chang.
Mais au Japon, les investisseurs ont également le regard tourné vers les élections législatives anticipées de dimanche prochain et la saison des résultats.
«La pérennité de la hausse boursière dépendra des tendances observées dans les résultats des entreprises», avertissent les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
Parmi les poids lourds nippons, Nintendo dévoilera mardi après la clôture ses résultats du 3e trimestre de son exercice décalé.
Bombay ouvre en fanfare
La Bourse de Bombay a flambé à l’ouverture après l’annonce par le président américain Donald Trump d’un «accord commercial» entre les États-Unis et l’Inde, à même d’apaiser les tensions entre les deux puissances.
Vers 3h45 GMT, l’indice de référence Nifty bondissait de 4,9% à 26 308 points, avant de décélérer dans les minutes suivantes. Il gagnait encore 2,9% vers 04h00 GMT.
La roupie, elle, s’est brusquement appréciée: elle gagnait 1,25% à 90,37 roupies pour un dollar.
Le yen en légère hausse
La monnaie japonaise s’appréciait légèrement (+0,13%) vers 04h00, à 155,42 yens pour un dollar.
«Le couple dollar-yen est sous l’influence des élections japonaises (…) Les élections anticipées du 8 février pourraient accentuer la volatilité à court terme, et le risque d’intervention de la part des autorités augmente si la paire approche les 160 yens», préviennent les analystes de Standard Chartered.
La Première ministre Sanae Takaichi avait cependant estimé durant le week-end que la faiblesse du yen constituait «une excellente opportunité pour les exportateurs» japonais.
Mais Mizuho Bank a dans la foulée rappelé que Tokyo aurait tort de penser que le Japon bénéficie automatiquement d’un yen faible, et Mme Takaichi elle-même a semblé revenir sur ses propos: «Il y a un malentendu. Je n’avais pas l’intention de souligner les avantages d’un yen faible», a-t-elle écrit sur X.
AFP



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