Le commandant en chef de l’armée libanaise, Rodolphe Haykal, poursuit, mardi, sa visite aux États-Unis. Ce déplacement, qui l’a conduit de la Floride à Washington, vise à consolider le soutien américain à l’armée libanaise et à l’inscrire dans une dynamique diplomatique plus large, marquée par l’annonce par Paris d’une conférence internationale dédiée, en mars, à l’institution militaire.
Séquence sécuritaire en Floride
La visite a donc débuté, lundi, en Floride, sur la base aérienne de MacDill à Tampa, siège de la direction du commandement central américain (CENTCOM). Le général Haykal y a rencontré l’amiral Brad Cooper, responsable militaire américain pour le Moyen-Orient, ainsi que de hauts responsables de la composante terrestre des forces américaines relevant de la zone.
Ces entretiens ont été consacrés à un échange approfondi sur la situation sécuritaire au Liban et dans la région. Une attention particulière a été accordée à l’avancement du plan libanais relatif au monopole des armes par l’État, ainsi qu’à l’évaluation du rôle joué par l’armée libanaise dans la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu, notamment au sud du fleuve Litani.
Washington, Paris et l’équation du soutien international
Après l’étape floridienne, la visite se poursuit à Washington, où le commandant en chef de l’armée doit se réunir avec des responsables de l’administration américaine ainsi qu’avec des membres influents du Congrès, directement impliqués dans les dossiers libanais et le suivi de l’aide militaire. Les discussions porteront sur les prochaines étapes du processus de désarmement, étayées par des cartes, des images et des données opérationnelles, en particulier au nord du Litani. Elles aborderont également les marges de manœuvre réelles de l’institution militaire, confrontée à un déficit chronique de moyens humains, financiers et logistiques.
Dans ce cadre, le dossier présenté aux Américains comprendra un état des lieux détaillé de la situation de l’armée, appuyé sur des chiffres précis concernant les effectifs, l’équipement et les besoins financiers indispensables à la poursuite de ses missions. L’amélioration des capacités opérationnelles, tout comme la revalorisation des conditions salariales des soldats, y seront mises en avant comme des leviers essentiels pour renforcer durablement la présence de l’armée sur le terrain.
Cette séquence diplomatique intervient alors que les frappes et opérations ciblées israéliennes se poursuivent dans plusieurs zones du Liban-Sud. Parallèlement, Washington a informé les autorités libanaises de propositions de dates pour la tenue d’une réunion du comité de supervision du cessez-le-feu, les États-Unis ayant décidé d’assurer exclusivement leur représentation au sein de cette instance. La première réunion est prévue pour le 25 février.
Selon plusieurs sources concordantes, le général Haykal devrait également effectuer une escale à Paris sur le chemin du retour, afin d’échanger avec les autorités françaises sur les résultats de sa visite américaine et leurs implications pour les dossiers suivis de près par la France, au premier rang desquels la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, prévue le 5 mars. Ce rendez-vous diplomatique majeur doit réunir plusieurs dizaines de pays — États-Unis, partenaires européens, pays arabes et du Golfe — autour d’un objectif commun: mobiliser un appui politique, financier et matériel en faveur de l’institution militaire.
En attendant, le monde a les yeux rivés sur la situation en Iran et sur les résultats des pourparlers en cours entre les États-Unis et l’Iran et desquels dépend étroitement la survie du Hezbollah et, par conséquent, l’avenir du pays.



Commentaires