Stabilité régionale: l'appel Trump-Xi salué par Taïwan
Taïwan, dépendante des armes américaines face à la Chine, se montre prudente mais optimiste après l'appel téléphonique entre Donald Trump et Xi Jinping, que le vice-ministre Chen Ming-chi estime contribuer à « stabiliser » la situation sécuritaire dans la région, malgré les pressions chinoises et les blocages internes sur le budget de défense. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères Chen Ming-chi a salué jeudi l'appel téléphonique entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, estimant qu'il contribuerait à «stabiliser» la région.

«Nous ne nous inquiétons pas outre mesure de cette communication téléphonique», a déclaré le vice-ministre taïwanais dans un entretien exclusif à l'AFP, alors que la Chine accentue sa pression militaire sur l'île, qu'elle revendique.

«En fait, nous pensons qu'elle contribuera à stabiliser la situation, d'autant plus que la Chine continue d'exacerber les tensions dans le détroit de Taïwan et dans toute la région», a-t-il poursuivi.

Quelques heures plus tôt, l'agence de presse Chine Nouvelle a rapporté que Xi Jinping aurait déclaré à Donald Trump, lors de leur entretien téléphonique, qu'ils pouvaient résoudre les différends bilatéraux grâce au «respect mutuel», mais que les États-Unis devaient «faire preuve de prudence» dans leurs ventes d'armes à Taïwan.

Donald Trump a ensuite assuré, dans une publication sur son réseau Truth Social, que la relation des Etats-Unis avec la Chine et sa relation personnelle avec le président chinois étaient «extrêmement bonnes», après cet appel avec Xi Jinping qu'il a qualifié «d'excellent».

«Je pense que nous accueillons favorablement ce type d'efforts visant à stabiliser la situation sécuritaire dans cette région», a salué M. Chen.

Taïwan et la Chine sont séparées politiquement depuis la guerre civile chinoise, achevée en 1949. Pékin revendique le territoire et dit souhaiter une «réunification» pacifique, mais n'exclut pas l'usage de la force pour prendre le contrôle du territoire insulaire.

Sans reconnaître officiellement Taïwan, Washington est son principal soutien et fournisseur d'armement.

Jeudi, le président taïwanais Lai Ching-te a assuré que les relations entre Taipei et Washington étaient «solides comme le roc» et que «tous les programmes de coopération se poursuivront», malgré l'avertissement de Xi Jinping à Donald Trump.

«Préoccupation» sur le budget de défense

Pour Chen Ming-chi, les commentaires du dirigeant chinois ne devraient pas menacer les futurs achats conclus auprès de Washington.

«Les États-Unis ont déjà promis de vendre à Taïwan une certaine quantité d'armes», a-t-il assuré.

«La seule préoccupation qui pourrait avoir un impact sur les futures ventes d'armes concerne l'attitude de nos partis d'opposition (...) à l'égard du budget de la défense», a souligné le vice-ministre.

Le président Lai Ching-te (Parti démocrate progressiste, PDP) a évoqué des projets d'augmentation des dépenses de défense à plus de 3% du PIB en 2026, et de 5% à l'horizon 2030, répondant aux demandes américaines.

Mais le Yuan législatif, contrôlé par le Kuomintang (KMT), a bloqué à plusieurs reprises le projet du gouvernement visant à obtenir un financement supplémentaire de 40 milliards de dollars pour l'équipement militaire.

Cet argent servirait à financer une vente d'armes de 11,1 milliards de dollars approuvée par les États-Unis et annoncée en décembre.

Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan.

«Jusqu'à présent, nous n'avons constaté aucune coopération» de la part du Parlement, a déploré M. Chen.

Deux mois avant la rencontre prévue entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin en avril, Chen Ming-Chi a néanmoins exprimé ses craintes sur la signature d'un «grand accord» entre les dirigeants américain et chinois, au détriment de Taipei, ajoutant que «Taïwan est incontestablement au cœur des intérêts nationaux de l'économie mondiale et des États-Unis ».

Bien que Taïwan dispose de sa propre industrie de défense, l'île de 23 millions d'habitants reste fortement dépendante des armes américaines face à la puissance de feu chinoise.

AFP

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