Gallant contredit Netanyahou et revendique la conduite de l’opération contre Nasrallah
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (G) et le ministre de la Défense Yoav Gallant assistent à une conférence de presse sur la base militaire de Kirya à Tel Aviv le 28 octobre 2023 ©Abir Sultan / POOL / AFP

L’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a lancé une attaque directe et virulente contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou, peu après la publication par ce dernier de déclarations visant les chefs de l’appareil sécuritaire, qu’il accusait d’entraver les initiatives offensives.

Dans une interview accordée à la chaîne israélienne Channel 12, Gallant ne s’est pas contenté de réfuter les propos de Netanyahou : il a entrepris de démonter ses affirmations, l’accusant de mentir et de tenter de déformer les faits au détriment de l’armée israélienne et du service de sécurité intérieure, le Shin Bet.

Le quotidien Yedioth Ahronoth a consacré un article aux déclarations de Gallant, estimant que «l’un des points les plus controversés concernait sa réponse au sujet de l’assassinat du secrétaire général du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah.

Contrairement au récit de Netanyahou, selon lequel il aurait poussé à l’action, l’ancien ministre de la Défense a brossé une image inverse, montrant hésitation et refus de la part du Premier ministre au moment décisif».

Selon Gallant, lors d’une réunion du cabinet tenue le 25 septembre 2024, Netanyahou aurait refusé de soumettre la question au vote, malgré l’assurance de disposer d’une majorité gouvernementale et l’avertissement explicite du chef du Shin Bet selon lequel Nasrallah pourrait quitter son abri et s’enfuir dans un avenir proche.

Gallant a raconté que Netanyahou avait déclaré que le sujet ne serait discuté qu’après son retour des États-Unis, avant d’embarquer pour Washington.

Toujours d’après lui, le tournant est intervenu dès le lendemain : après la diffusion d’informations sur des discussions en vue d’un cessez-le-feu au Liban et des menaces de ministres de la coalition de faire tomber le gouvernement, Netanyahou aurait tenu une réunion téléphonique et accepté la recommandation de Gallant ainsi que celle de l’ancien chef d’état-major, le général Herzi Halevi.

Gallant a affirmé que «l’opération d’élimination elle-même a été menée sous sa direction depuis le centre de commandement à Tel-Aviv, en coordination avec les hauts responsables militaires, tandis que Netanyahou se trouvait aux États-Unis, et qu’il n’a été informé par téléphone qu’après le succès de l’opération».

 

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