L’Ordre des avocats de Tripoli a appelé à l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire et à la réalisation d’un audit technique généralisé des immeubles menacés, après l’effondrement d’un bâtiment, survenu dimanche dans la ville. Dans un communiqué publié lundi, l’Ordre a également recommandé de procéder à des évacuations urgentes lorsque nécessaire, ainsi qu’au gel de la délivrance des permis de construction.
Réuni en séance extraordinaire à l’appel de son bâtonnier, Marwan Daher, le Conseil de l’Ordre a dénoncé une situation qu’il juge «extrêmement dangereuse» pour la sécurité publique. Il a réclamé l’ouverture d’une enquête immédiate, sérieuse et transparente, placée sous supervision judiciaire directe, afin d’identifier clairement les responsabilités administratives, techniques et de contrôle liées à la répétition des effondrements.
Les avocats ont aussi demandé la réalisation d’un diagnostic structurel urgent et exhaustif de l’ensemble des immeubles situés dans les quartiers négligés de Tripoli, en coordination obligatoire avec l’Ordre des ingénieurs et la municipalité. Ils ont appelé à des décisions d’évacuation immédiates chaque fois que la sécurité des habitants l’exige, ainsi qu’à la suspension de toute délivrance de permis de construire ou de travaux de rénovation superficiels sur les bâtiments à risque, jusqu’à ce que leur traitement soit conforme aux normes légales et techniques.
Dans son communiqué, l’Ordre insiste aussi sur la nécessité de rendre publics les résultats des enquêtes et expertises dans des délais clairement définis, d’élaborer un plan d’urgence global pour Tripoli, placé sous contrôle effectif des autorités compétentes. Il a appelé à tenir juridiquement responsables toutes les parties concernées de tout nouvel effondrement résultant de négligence ou de retard après cet avertissement.
Enfin, la création d’un fonds national de solidarité est réclamée afin de centraliser les aides, d’assurer l’hébergement d’urgence des familles sinistrées et de lancer les travaux de consolidation des immeubles menacés.
L’Ordre des avocats de Tripoli a par ailleurs annoncé une suspension du travail d’une heure dans les tribunaux, mardi de 9h à 10h, en hommage aux victimes et en solidarité avec les habitants, avertissant que «tout silence ou inertie après aujourd’hui constituerait une responsabilité pleine et entière».



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