Les États-Unis vont abandonner deux commandements au sein de l'OTAN, mais en gagner un autre, au moment où Donald Trump appelle l'Europe à prendre davantage en charge sa propre sécurité, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.
Les États-Unis vont laisser à l'Italie le commandement allié des forces interarmées (Allied Joint Force Command, JFC), basé à Naples (sud de l'Italie) et centré sur les opérations dans le sud de la zone euro-atlantique.
Ils vont également renoncer au commandement du JFC basé à Norfolk (est des États-Unis), centré sur le nord, au profit de la Grande-Bretagne, selon ces sources.
Le troisième JVC, centré sur la zone est de l'Alliance, est basé à Brunssum, aux Pays-Bas. Son commandement est actuellement assuré par un officier allemand.
Les JFC sont les commandements opérationnels, responsables de la planification et de la conduite des éventuelles opérations de l'OTAN.
En revanche, les forces américaines vont récupérer le commandement maritime allié (Marcom), basé à Northwood en Grande-Bretagne.
«Les alliés se sont entendus sur une nouvelle répartition des responsabilités des officiers supérieurs au sein de la structure de commandement de l'OTAN, dans laquelle les alliés européens, y compris les membres les plus récents de l'OTAN, joueront un rôle plus important dans le commandement militaire de l'Alliance», a déclaré un responsable de l'OTAN, sans donner davantage de détails sur les changements.
«Cette décision s'inscrit dans le cadre de la planification des rotations futures», a-t-il dit.
Ces changements, révélés par le média français La Lettre, ne devraient pas être mis en œuvre avant des mois, ont indiqué à l'AFP deux diplomates de l'OTAN sous couvert d’anonymat.
«C'est un bon signe d'un transfert de charge dans les faits», a relevé l'un d'entre eux.
Les États-Unis confirment néanmoins le rôle militaire central qu'ils occupent au sein de l'OTAN depuis sa création en 1949.
Ils vont désormais exercer le commandement central des trois armes de l'OTAN: les forces terrestres (Landcom), maritimes (Marcom) et aériennes (Aircom). Ils conservent en outre le commandement suprême des forces alliées en Europe (Saceur), un poste stratégique occupé depuis la création de l'Alliance par un officier américain.
Le poste plus «politique» de secrétaire général est occupé traditionnellement par un Européen.
De son côté, l'ambassadeur américain auprès de l'OTAN, Matthew Whitaker, a insisté lundi sur le fait que le président américain cherchait à renforcer l'OTAN et non à «démanteler» l'Alliance atlantique en incitant l'Europe à s'impliquer davantage.
«Nous nous efforçons de renforcer l'OTAN, non pas de nous en retirer ou de la rejeter, mais de faire en sorte qu'elle fonctionne comme prévu en tant qu'alliance de 32 alliés forts et compétents», a déclaré M. Whitaker.
AFP



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