Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a été tué samedi lors d’une vaste opération militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Selon le Washington Post, l’attaque a visé «des centaines de sites de missiles et de défense aérienne» et a permis d’«éliminer des couches de leadership du régime iranien», dont la figure la plus importante était le guide suprême lui-même.
Cette élimination s’inscrit dans une offensive plus large – baptisée Epic Fury selon le Pentagone – qui a débuté vers 1h15 (heure de l’Est) par des tirs de missiles de croisière Tomahawk depuis des navires américains, appuyés par des frappes aériennes américaines et israéliennes.
Le rôle déterminant du renseignement américain
D’après le New York Times, le succès de l’opération repose avant tout sur un travail de renseignement de longue haleine. La CIA aurait suivi les déplacements de Khamenei depuis des mois, accumulant progressivement des informations de plus en plus précises sur ses habitudes et ses lieux de présence.
Le moment décisif est survenu lorsque l’agence a appris qu’une réunion de hauts responsables iraniens devait se tenir samedi matin dans un complexe gouvernemental au cœur de Téhéran – et surtout que le guide suprême y serait présent. Cette information, décrite comme offrant une localisation de «haute fidélité», a été transmise à Israël.
Washington et Jérusalem ont alors décidé de modifier le calendrier initial de l’attaque afin d’exploiter cette fenêtre d’opportunité. Selon des responsables cités par le New York Times, cette séquence illustre le niveau particulièrement étroit de coordination et de partage de renseignement entre les deux alliés.
Une frappe de précision au cœur de Téhéran
L’opération aérienne israélienne a commencé vers 6 heures du matin, heure locale en Israël, lorsque des avions de chasse ont décollé avec des munitions longue portée de haute précision. Environ deux heures plus tard – vers 9h40 à Téhéran – les missiles ont frappé simultanément plusieurs bâtiments du complexe gouvernemental.
Au moment de l’impact, de hauts responsables de la sécurité nationale iranienne étaient réunis dans un bâtiment, tandis que Khamenei se trouvait dans un autre édifice à proximité. Un responsable israélien cité par le New York Times affirme que l’attaque a réussi à obtenir une «surprise tactique», malgré l’état d’alerte iranien.
L’objectif était clairement une décapitation de l’appareil politico-militaire. L’armée israélienne a indiqué initialement avoir «éliminé» sept hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens de la révolution, le secrétaire du Conseil de sécurité iranien et le ministre de la Défense. L'armée israélienne a déclaré dimanche avoir tué 40 hauts-gradés iraniens lors de la frappe initiale.
Une campagne militaire d’ampleur exceptionnelle
Selon le Washington Post, plus de 200 avions israéliens ont largué des centaines de munitions contre plus de 500 cibles à travers l’Iran. Les frappes ont notamment visé des sites de missiles sol-sol, des installations de défense aérienne et des centres de commandement des Gardiens de la révolution.
Washington a par ailleurs utilisé pour la première fois son drone kamikaze LUCAS, inspiré des drones Shahed iraniens. Cette opération prolonge une campagne engagée depuis des semaines contre le programme nucléaire iranien, qui avait déjà vu des bombardiers furtifs B-2 frapper les installations de Fordow, Natanz et Ispahan.
Les motivations de Washington
Selon un haut responsable américain cité par le Washington Post, la décision finale de frapper a été prise après que les États-Unis ont détecté des «indicateurs» laissant penser que l’Iran préparait des attaques préventives contre des cibles américaines à l’étranger.
Le New York Times souligne toutefois que la réussite de l’opération tient aussi à des failles du côté iranien. Malgré les signaux de guerre imminente envoyés par Washington et Israël, les dirigeants iraniens n’auraient pas pris de précautions suffisantes pour éviter d’être localisés.
Le CENTCOM a indiqué qu’aucun militaire américain n’avait été tué ou blessé dans ces attaques. Mais au-delà du bilan militaire immédiat, l’élimination du guide suprême ouvre une phase d’incertitude majeure sur l’avenir du régime iranien, alors que la chaîne de commandement de Téhéran apparaît profondément ébranlée.



Commentaires