Hakan Fidan: Washington et Téhéran prêts à un compromis sur le nucléaire
Selon Hakan Fidan, Washington et Téhéran semblent prêts à faire des compromis sur le nucléaire. ©Ozan Kose / AFP

Le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a indiqué que Washington et Téhéran semblaient prêts à faire des compromis pour conclure un accord nucléaire, tout en avertissant qu’élargir les négociations au programme de missiles balistiques de l’Iran risquerait de provoquer «rien d’autre qu’une nouvelle guerre».

Dans un entretien avec le Financial Times, Fidan a précisé que les États-Unis avaient montré une disposition à assouplir leur exigence clé, qui consiste à ce que l’Iran mette fin à toute activité d’enrichissement d’uranium. Cette condition constituait jusqu’ici un obstacle majeur, l’Iran affirmant que l’enrichissement faisait partie de ses droits en tant que signataire du Traité de non-prolifération nucléaire.

«Il est positif que les Américains semblent prêts à tolérer l’enrichissement iranien dans des limites clairement définies», a déclaré Fidan, soulignant que les Iraniens comprenaient désormais la nécessité de parvenir à un accord avec Washington, et que les États-Unis reconnaissaient certains plafonds imposés par Téhéran.

Le diplomate turc a averti que si les États-Unis «insistaient pour traiter tous les dossiers simultanément» – en référence aux missiles et au soutien iranien aux groupes militants régionaux – «même le dossier nucléaire pourrait ne pas avancer, et le résultat pourrait être une nouvelle guerre dans la région».

Selon Fidan, cité dans le Financial Times il est essentiel de développer des solutions créatives pour traiter les questions de missiles et de groupes armés soutenus par l’Iran. «Les Américains sont profondément préoccupés par les capacités nucléaires iraniennes. Cependant, les autres problèmes concernent surtout les pays de la région, car les missiles et les proxys affectent la sécurité régionale et non la sécurité globale», a-t-il expliqué.

Fidan a également exprimé son inquiétude quant à l’influence possible d’Israël sur l’administration américaine, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a été reçu, mercredi, à la Maison-Blanche. Israël a insisté pour que le programme de missiles iranien soit inclus dans toute négociation, ce que Téhéran refuse de discuter.

Enfin, le ministre turc a souligné au Financial Times que l’Iran était conscient des risques liés aux récentes tensions régionales et aux manifestations massives contre le régime. «Ils comprennent que le mécontentement public est largement lié aux difficultés économiques et savent que la question des sanctions doit être résolue», a-t-il affirmé. Fidan a précisé que même en cas de frappes américaines, un changement de régime n’était pas probable.

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