Selon une enquête publiée par The Guardian, mardi, des radiographies et scanners réalisés dans un hôpital d’une grande ville iranienne révèlent l’ampleur des blessures infligées lors de la répression des manifestations de janvier en Iran.
Le quotidien britannique, en collaboration avec la plateforme de vérification Factnameh, a examiné plus de 75 dossiers médicaux, principalement des radiographies et des tomodensitogrammes, pris au cours d’une seule soirée. (La tomodensitométrie (TDM) est un examen d’imagerie lors duquel on utilise un ordinateur pour assembler une série de clichés radiographiques afin de créer des images détaillées en 3D d’organes, de tissus, d’os et de vaisseaux sanguins du corps, selon la Société canadienne du Cancer, ndlr).
Ces images montreraient un recours massif à des munitions réelles, notamment des balles de gros calibre et des cartouches de chevrotine métallique «birdshot» (La chevrotine est une cartouche contenant plusieurs billes de plomb de gros diamètre), attribuées aux forces de sécurité, dont le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC).
D’après l’analyse d’experts médicaux et balistiques sollicités par le journal, les blessures observées touchent de manière récurrente des zones vitales: le visage, la poitrine, la tête, la colonne vertébrale ainsi que la région pelvienne et génitale.
Plusieurs clichés révèlent des projectiles logés dans le crâne, le cou ou à proximité de la moelle épinière, ainsi que des poumons perforés et des os brisés par des balles à haute vélocité. Les spécialistes estiment que nombre de ces lésions sont potentiellement mortelles, même en cas de prise en charge chirurgicale immédiate.
Les images montrent également l’usage de chevrotine métallique, dont les billes, dispersées à courte distance, peuvent pénétrer profondément les tissus. Dans certains cas, des dizaines, voire des centaines de projectiles sont visibles dans une même zone corporelle. Selon les experts cités par The Guardian, ces armes, bien que parfois présentées comme relevant du maintien de l’ordre, peuvent provoquer des dommages comparables à ceux observés en situation de conflit armé.
L’enquête souligne que l’afflux de blessés graves en l’espace de quelques heures correspond à une situation d’afflux massif de victimes, susceptible de dépasser les capacités hospitalières ordinaires. Les médecins consultés estiment par ailleurs que les examens analysés ne représenteraient qu’une partie des victimes, les cas les plus sévères pouvant ne pas avoir survécu jusqu’à la réalisation d’un scanner.
Ces éléments viennent étayer des accusations récurrentes d’usage disproportionné de la force lors des manifestations en Iran, dans un contexte de répression déjà dénoncé par des organisations de défense des droits humains.



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