Critiques contre les ajustements de salaires et les taxes
Certains députés expriment leur opposition aux hausses de salaires du secteur public et aux nouvelles taxes, ©Al-Markazia

Plusieurs députés ont exprimé leur opposition à la décision du gouvernement concernant le réajustement des salaires du secteur public et l’augmentation des taxes.

Le député Nadim Gemayel a critiqué la décision du gouvernement sur X, estimant que malgré la confiance et le soutien accordés, celui-ci agit contre les intérêts du peuple. Selon lui, son rôle n’est pas de reproduire les erreurs des gouvernements précédents.

Le député Elias Hankache a dénoncé sur X la manière dont le gouvernement prévoit de financer l’augmentation des salaires dans le secteur public. Il a détaillé plusieurs alternatives qui auraient pu générer des revenus à l’État, dont la réorganisation et la réforme du secteur public, le contrôle des frontières et la lutte contre la contrebande, l’activation des services de douane et la lutte contre l’illégalité, la lutte contre l’évasion fiscale, ainsi que les indemnités sur les propriétés maritimes et fluviales.

Sur le même ton, le député Ihab Matar a écrit sur la plateforme  X: «Nous sommes vraiment dans un pays merveilleux, alors que les gens se préparent à accueillir le mois sacré du ramadan, le gouvernement leur offre en guise de félicitations une augmentation du prix du litre d'essence de 300.000 livres, soit 21 %, et une augmentation de la TVA de 1 %.

Le gouvernement a oublié que 6 dollars par mois sur l'application «WhatsApp» ont suffi à déclencher une révolution, alors imaginez ce que va provoquer une augmentation de 3,3 dollars sur le prix du litre d'essence, soit 13 dollars par mois dans le secteur des transports, sans compter l'augmentation de la TVA.» Selon Matar, il s'agit d'une décision dangereuse qui entraîne une hausse des prix et une perte de pouvoir d'achat pour une grande partie des Libanais et qui affecte négativement les personnes à faibles revenus et les travailleurs du secteur privé, d'autant plus que ces décisions ne s'accompagnent pas de réformes. «Les décisions fiscales sont inacceptables et ne doivent pas être adoptées ou passées sous silence», a-t-il poursuivi.

Le député Ziad Hawat a écrit quant à lui: «La décision du Conseil des ministres d'augmenter les salaires des fonctionnaires et des militaires est une décision irréfléchie, dont les conséquences économiques seront catastrophiques dans tous les sens du terme »

Il a ajouté: «La taxe sur l'essence et l'augmentation de la TVA se traduiront par une inflation et feront grimper les prix des biens et des services. En fin de compte, les salaires ne s'amélioreront pas et leur valeur n'augmentera pas».

Le député Ghassan Hasbani a exprimé son opposition à la décision du gouvernement d’augmenter les taxes sur les carburants, la qualifiant de  prélèvement direct sur les ménages libanais, y compris les fonctionnaires et les militaires.

Selon lui, plutôt que d’appliquer de nouvelles taxes ou de renforcer celles existantes et de lutter contre les zones d’ombre et le gaspillage, le gouvernement choisit la solution la plus facile… au détriment des citoyens. Il avertit que cette décision, prise sans réformes structurelles sérieuses dans les secteurs public et financier, pourrait avoir des conséquences bien plus graves que prévues.

Enfin, le député Walid Baarini a appelé le gouvernement à surveiller strictement l’évolution des prix afin d’éviter que l’augmentation de 1 % de la TVA ne soit répercutée de manière excessive par certains commerçants. Il insiste sur la nécessité d’accélérer les réformes et de maîtriser le gaspillage pour éviter que toute future augmentation de salaires ne soit financée au détriment des citoyens.

Dans l’ensemble, ces critiques soulignent une inquiétude partagée parmi les députés sur la durabilité économique des mesures adoptées, et sur leur impact direct sur les ménages libanais, déjà fragilisés par la crise financière.

Pour rappel, au cours de sa réunion, lundi soir, le Conseil des ministres a décidé l’octroi de six mois de salaires supplémentaires au secteur public ainsi qu’une aide aux militaires. Une hausse de 300.000 livres libanaises du prix du bidon d’essence et une augmentation de 1% de la TVA ont également été approuvées.

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