Les États-Unis sont prêts à mener des essais nucléaires de faible puissance et à mettre fin à leur moratoire en vigueur depuis des décennies pour s'aligner sur les explosions secrètes présumées de la Chine et de la Russie, a déclaré mardi un haut responsable.
L'expiration début février de New Start, le dernier traité bilatéral de désarmement nucléaire entre les États-Unis et la Russie, a ravivé les craintes de prolifération.
Washington a depuis appelé au lancement de négociations multilatérales de contrôle des armements nucléaires incluant la Chine.
Christopher Yeaw, haut responsable chargé du contrôle des armements et de la non-prolifération au sein du département d'État américain, a laissé entendre que Donald Trump était sérieux lorsqu'il avait affirmé en octobre, sans donner de détails, que les États-Unis allaient reprendre les essais nucléaires.
«Comme l'a dit le président, les États-Unis vont reprendre les essais sur un pied d'égalité», a-t-il affirmé au cercle de réflexion conservateur Hudson Institute.
Il a toutefois affirmé que cela ne signifiait pas que Washington allait revenir aux essais atmosphériques intensifs des années 1950, mais qu'il fallait plutôt voir cela comme une réponse aux «standards» fixés, selon lui, par la Chine et la Russie.
Il n'a pas donné de date pour un éventuel essai, précisant que Donald Trump prendrait la décision.
«Nous ne resterons pas dans une situation de désavantage insupportable», a-t-il affirmé.
Les États-Unis accusent la Chine d'avoir mené des essais nucléaires cachés, notamment en juin 2020, et de préparer d'autres explosions de puissances supérieures.
Pékin a qualifié ces allégations de «mensonges» et accusé les États-Unis de chercher des prétextes pour relancer leurs propres essais.
Le département d'État avait aussi accusé en 2024 la Russie d'avoir mené des essais.
Christopher Yeaw a réitéré les accusations contre Pékin, s'appuyant sur des données sismiques recueillies au Kazakhstan, frontalier de la Chine, faisant état d'une secousse de magnitude 2,75 le 22 juin 2020.
«Il y a très peu de chances que ce soit autre chose qu'une explosion», a-t-il souligné, écartant toute hypothèse de séisme.
Dans un rapport récent, le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a assuré ne pas avoir trouvé de preuves concluantes d'une explosion, ajoutant que les images satellites ne montraient pas d'activité inhabituelle sur le site d'essais historique de la Chine dans la région du Xinjiang.
Le dernier essai nucléaire américain remonte à 1992.
Ils ont depuis procédé à des tests en laboratoire dits «sous-critiques» sans aucun dégagement d'énergie.
L'arsenal nucléaire chinois reste bien plus limité que ceux de la Russie et des États-Unis, mais il se développe rapidement.
AFP



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