Le déploiement militaire américain au Moyen-Orient s'intensifie
Dans ce document fourni par la marine américaine, le Groupe de frappe aéronavale Gerald R. Ford, comprenant le navire amiral USS Gerald R. Ford (CVN 78) à gauche, le USS Winston S. Churchill (DDG 81) à l’avant, le USS Mahan (DDG 72) à l’arrière, le USS Bainbridge (DDG 96), ainsi que les F/A-18E/F Super Hornets de la Carrier Air Wing Eight affectés aux escadrons de chasse 31, 37, 87 et 213, opère comme une force conjointe multidomaines aux côtés d’un B-52 Stratofortress de l’US Air Force, le 13 novembre 2025. ©Marine américaine / Getty Images Amérique du Nord / Getty Images via AFP

Les Etats-Unis mettent en place au Moyen-Orient une imposante force de frappe navale et aérienne, un déploiement militaire massif qui pourrait préparer le terrain à une importante campagne de frappes contre l'Iran.

Selon CNN et CBS mercredi, l'armée est prête à frapper l'Iran dès ce week-end si Donald Trump le décide.

Le président américain - qui a déjà ordonné des bombardements aériens en juin dernier - a menacé à de multiples reprises Téhéran d'intervention militaire si les discussions en cours n'aboutissent pas à un accord sur le programme nucléaire iranien, après qu'il a retiré son pays du précédent en 2018 pendant son premier mandat.

La présence d'une «telle puissance de feu (...) dans la région crée une dynamique en soi. C'est parfois un peu difficile de la freiner et de dire: +C'est tout, on ne fait rien+», explique Susan Ziadeh, une analyste au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS).

Washington déploie actuellement au Moyen-Orient navires et avions de guerre par dizaines. Et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires à travers la région, certaines potentiellement vulnérables en cas de contre-attaque iranienne.

Forces navales 

L'armée américaine compte actuellement treize navires de guerre au Moyen-Orient: un porte-avions, le Abraham Lincoln, arrivé fin janvier, neuf destroyers et trois frégates légères, selon un responsable américain, et d'autres se dirigent vers la région.

Le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, navigue actuellement dans l'océan Atlantique, en provenance des Caraïbes et en direction du Golfe, après que Donald Trump a ordonné son déploiement dans la région mi-février. Il est accompagné par trois destroyers.

Il est rare que deux porte-avions américains - qui transportent des dizaines d'avions de combat et fonctionnent avec des milliers de marins à bord - soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient. C'était déjà le cas en juin dernier, quand Donald Trump a décidé de frappes aériennes contre trois sites nucléaires iraniens pendant la guerre de douze jours déclenchée par Israël.

Forces aériennes 

Les Etats-Unis ont également mobilisé une flotte aérienne d'envergure au Moyen-Orient, selon des comptes X spécialisés et le site de suivi de vol Flightradar24.

Elle comprend des avions de combat furtifs F-22 Raptor, des avions de combats F-15 et F-16, et des avions ravitailleurs KC-135 pour assister leurs opérations.

Mercredi, Flightradar24 montrait plusieurs KC-135 volant au Moyen-Orient ou à proximité, ainsi que des avions radar de surveillance aérienne E3 Sentry et des avions-cargos en activité dans la région.

Manifestations, menaces, discussions 

Donald Trump a multiplié les avertissements face à la répression dans le sang des manifestations massives en Iran en janvier qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts.

Fin janvier, le président américain a prévenu la République islamique qu'une «armada» était déployée dans le Golfe.

La semaine passée, il a menacé Téhéran de conséquences «traumatisantes» faute d'accord, sur le programme nucléaire iranien en particulier, et a même évoqué ouvertement l'hypothèse d'un renversement du pouvoir.

Donald Trump n'a pas fermé pour autant la porte à un règlement diplomatique.

Iran et Etats-Unis ont renoué le dialogue le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, après une escalade de menaces de part et d'autre.

Une deuxième session de tractations s'est tenue mardi près de Genève, en Suisse. Téhéran a assuré s'être entendu avec Washington sur «un ensemble de principes directeurs» pour un éventuel accord mais le vice-président américain, JD Vance, a souligné que l'Iran n'acceptait pas certaines «lignes rouges» américaines.

Les deux parties sont «encore très éloignées sur certaines questions», a confirmé mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

«L'Iran serait bien avisé de conclure un accord», a-t-elle insisté, en estimant qu'il existait «de nombreuses raisons et arguments en faveur d'une frappe» contre Téhéran.

Par W.G. DUNLOP/AFP

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