Les pourparlers entre États-Unis et Iran tenus mardi ont permis «des pas en avant», a estimé mercredi le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, tout en soulignant que le temps pressait pour un règlement du dossier nucléaire iranien.
Au terme de cette deuxième session de discussions menées à Genève sous médiation omanaise et à laquelle M. Grossi participait, l'Iran, qui s'est dit ouvert à une «vérification» de son programme nucléaire, a assuré que Téhéran et Washington s'étaient entendus sur «un ensemble de principes directeurs» pour un possible accord.
«Je crois (...) qu'on a fait des pas en avant, mais il reste encore des efforts à faire et le problème, c'est qu'on n'a pas trop de temps», a déclaré Rafael Grossi dans une interview à la chaîne française LCI.
«Il y a la possibilité d'un dialogue qui commence vraiment pour la première fois à prendre forme», a-t-il estimé.
«On commence à parler de choses concrètes, de ce qu'on doit faire», a-t-il ajouté, se félicitant d'un «dialogue fluide (entre) des hommes intelligents qui peuvent aller au coeur du problème».
«Je vois une volonté de part et d'autre d'arriver à un accord, mais évidemment un tel accord est énormément complexe», a-t-il poursuivi, estimant que le rôle de l'AIEA consistait précisément «à décliner dans une formule techniquement fiable, ces intentions».
«Et là, je crois qu'il y a encore des espaces de désaccord», a-t-il reconnu.
L'AIEA, instance onusienne basée à Vienne, est chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, alors que Téhéran est soupçonné par Israël, les États-Unis et d'autres pays occidentaux de vouloir se doter de la bombe atomique.
Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son droit à développer une filière nucléaire civile.
L'Iran et les États-Unis avaient renoué le dialogue le 6 février à Oman, dans un contexte de tensions.
Le vice-président américain JD Vance a souligné mardi que des divergences persistaient, et mercredi, la Maison Blanche a averti l'Iran qu'il serait «bien avisé» de conclure un accord, estimant qu'il y avait «de nombreuses raisons» de frapper le pays.
Après la guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin 2025, au cours de laquelle les États-Unis ont bombardé des sites nucléaires iraniens, l'Iran avait suspendu sa coopération avec l'AIEA et restreint l'accès de ses inspecteurs aux installations touchées.
M. Grossi a répété mercredi que l'uranium enrichi stocké par les autorités iraniennes «était pour la plupart toujours là» en dépit des bombardements.
AFP



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